Prévention des troubles dans l’espace religieux au Mali : un comité de réflexion mis en place par le gouvernement

Prévention des troubles dans l’espace religieux au Mali : un comité de réflexion mis en place par le gouvernement. © Primature

Le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans la gestion des enjeux liés au fait religieux. Par le décret n°2026-0185/PM-RM en date du 10 avril 2026, les autorités ont procédé à la création d’un Comité ad hoc baptisé « Comité de Réflexion sur la Prévention des Troubles dans l’Espace religieux », placé sous l’autorité directe du Premier ministre.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la montée de discours hostiles et parfois clivants, diffusés à travers divers canaux tels que la presse, les réseaux sociaux ou encore les prêches et sermons. L’objectif affiché est de préserver la cohésion sociale et de prévenir toute atteinte à l’ordre public.

Selon les termes du décret, le Comité a pour mission principale de formuler des propositions concrètes en vue de lutter efficacement contre les dérives verbales et les discours de nature à fragiliser le vivre-ensemble. À ce titre, plusieurs axes de réflexion lui sont assignés.

Il s’agira notamment de proposer des mesures favorisant le dialogue et la médiation entre les différents acteurs religieux, mais aussi de concevoir un mécanisme capable d’éradiquer les manifestations d’intolérance. Le Comité devra également réfléchir à l’encadrement du discours public religieux, afin de prévenir les excès susceptibles d’alimenter les tensions.

Par ailleurs, une attention particulière sera accordée à la question de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques, avec pour objectif de formuler des mesures visant à interdire de telles pratiques. La lutte contre les doctrines extrémistes figure également parmi les priorités, tout comme l’élaboration de règles encadrant les prêches et sermons.

Présidé par le chef du gouvernement, ce Comité regroupe des représentants de plusieurs départements ministériels stratégiques, notamment ceux en charge des finances, de la justice, de l’administration territoriale, de la sécurité, de la communication et des affaires religieuses.

Il inclut également des représentants des faîtières religieuses, des légitimités traditionnelles, de la presse, des forces vives de la nation ainsi que des personnes ressources, traduisant une volonté d’inclusivité dans l’approche adoptée.

Le Comité dispose d’un délai de deux mois pour produire un rapport détaillant les conclusions de ses travaux et les recommandations formulées. Ce document est attendu comme une feuille de route pour renforcer la stabilité sociale et promouvoir un climat de tolérance dans l’espace religieux au Mali.

 

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