Ebola en RDC et Ouganda : l’OMS décrète l’urgence mondiale

Une équipe de la Croix-Rouge prépare un enterrement sécurisé d'une victime d'Ebola, en août 2019. © Photo ONU

Face à une épidémie de maladie à virus Ebola Bundibugyo ayant déjà franchi les frontières, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché dimanche son plus haut niveau d’alerte sanitaire, appelant à une réponse internationale coordonnée.

Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré dimanche que l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo, sévissant en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), sans toutefois atteindre le seuil d’une urgence pandémique au sens du Règlement sanitaire international (RSI).

Au 16 mai 2026, huit cas confirmés en laboratoire, 246 cas suspects et 80 décès suspects avaient été signalés dans la province d’Ituri (RDC), répartis dans au moins trois zones sanitaires, dont Bunia, Rwampara et Mongbwalu. Deux cas confirmés supplémentaires, dont un décès, ont été détectés à Kampala les 15 et 16 mai chez des voyageurs en provenance de RDC, marquant une propagation internationale de l’épidémie. Un troisième cas confirmé a par ailleurs été signalé à Kinshasa chez une personne revenant d’Ituri.

Le virus Bundibugyo avait été identifié pour la première fois en 2007-2008 dans le district ougandais éponyme, provoquant une épidémie ayant causé 42 décès sur 149 cas confirmés et probables, soit un taux de létalité d’environ 30 %. Il s’agit de la souche Ebola la moins létale connue, mais pour laquelle il n’existe à ce jour aucun traitement ni vaccin homologué — contrairement aux souches Ebola-Zaïre pour lesquelles des contre-mesures médicales ont été développées.

L’OMS a souligné plusieurs facteurs aggravants : au moins quatre décès parmi le personnel soignant évoquant une transmission nosocomiale, un fort taux de positivité des premiers prélèvements (huit positifs sur treize échantillons), une mobilité élevée des populations, et l’insécurité persistante dans l’est de la RDC — contexte qui avait déjà compliqué la réponse lors de la grande épidémie Ebola-Zaïre de 2018-2019 dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri.

L’organisation onusienne a appelé la RDC et l’Ouganda à activer leurs mécanismes nationaux de gestion des urgences, à renforcer la surveillance et les capacités de laboratoire, à améliorer la prévention des infections dans les établissements de santé et à mettre en place des centres de traitement spécialisés. Les personnes en contact avec des cas confirmés se voient interdire tout voyage international, et un contrôle sanitaire systématique aux points de départ internationaux est exigé.

L’OMS a en revanche fermement déconseillé aux autres États de fermer leurs frontières ou d’imposer des restrictions aux voyages et au commerce, jugeant de telles mesures « sans fondement scientifique » et susceptibles d’aggraver la propagation en détournant les flux vers des points de passage non contrôlés.

Un Comité d’urgence sera convoqué dans les meilleurs délais afin de formuler des recommandations temporaires complémentaires.

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