Plus de huit Maliens sur dix se déclarent satisfaits de la transition en cours. C’est ce que révèle une enquête d’opinion nationale présentée, ce jeudi 2 juillet à Bamako, par le Centre Sahel et le Groupement d’intérêt scientifique des statisticiens économistes (Gisse). Les résultats montrent également que la lutte contre le terrorisme demeure la principale préoccupation des populations, tandis que les élections ne constituent pas, pour une large majorité des personnes interrogées, une priorité immédiate.
Selon les résultats de cette étude, 83,9 % des Maliens se disent satisfaits de la transition en cours. Par ailleurs, 92 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion favorable du président de la Transition, le général Assimi Goïta. À l’inverse, plus de 86,7 % estiment que l’organisation des élections ne constitue pas une priorité à ce stade. Quant aux préoccupations majeures des citoyens, 67 % placent la lutte contre le terrorisme au premier rang.
Initiée par le Centre Sahel, une Ong à but non lucratif œuvrant pour la paix et le développement au Mali et dans la région sahélienne, cette enquête a été réalisée par le cabinet Gisse. Son objectif est de mieux « comprendre les perceptions des citoyens sur les principaux enjeux de la transition », selon les responsables de l’étude.
L’enquête vise notamment à mesurer « le niveau d’adhésion aux réformes engagées, à identifier les préoccupations prioritaires des populations et à analyser les évolutions de l’opinion publique sur les questions de gouvernance, de sécurité et de coopération internationale ».
Réalisée du 2 au 12 mai 2026 auprès de 2 300 personnes, l’étude a couvert les villes de Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. Selon les responsables de l’enquête, « la collecte est intervenue une semaine après les événements du 25 avril dernier, offrant ainsi un aperçu des perceptions citoyennes dans un contexte particulièrement significatif ».
Un fort soutien à la transition, mais des attentes importantes
L’étude met en évidence « un niveau élevé de satisfaction des citoyens à l’égard de la gestion de la transition ». Plus de huit Maliens sur dix déclarent être satisfaits de la conduite des affaires publiques, traduisant ainsi une confiance importante dans les orientations engagées par les autorités. Globalement, plus de 80 % des personnes interrogées restent favorables au régime, tandis que 90 % affichent une opinion favorable du Chef de l’État.
Toutefois, ce soutien s’accompagne d’attentes fortes. La sécurité demeure la première préoccupation des citoyens, avec 67 % des répondants qui placent la lutte contre le terrorisme au premier rang. Le chômage, la cherté de la vie et les difficultés liées à l’électricité figurent également parmi les priorités. Ainsi, 44 % des personnes interrogées souhaitent une intensification de la lutte contre le chômage, 40 % appellent à des mesures concrètes contre la vie chère et 29 % réclament une amélioration de la fourniture d’électricité.
Une perception contrastée des partenaires internationaux et des leaders religieux
Le sondage s’est également intéressé à la perception des partenaires internationaux. Les résultats placent la Russie en tête des opinions favorables, avec plus de 90 % d’avis positifs. À l’inverse, la France recueille près de 90 % d’opinions défavorables. La Cedeao enregistre également 81,9 % d’opinions défavorables, contre 83,8 % pour l’Algérie.
L’étude analyse aussi la perception des principales figures religieuses du pays. Selon les résultats, l’imam Mahamoud Dicko obtient 20 % d’opinions favorables. En revanche, le Chérif de Nioro et Ousmane Chérif Haïdara bénéficient chacun de 85 % d’avis favorables.
En conclusion, malgré un niveau élevé de satisfaction exprimé, les auteurs de l’enquête soulignent que « le soutien à la transition s’accompagne d’une forte attente de résultats concrets ». Les citoyens souhaitent avant tout une amélioration durable de leur sécurité, de leurs conditions de vie ainsi que des services essentiels.
« Les résultats montrent que le soutien à la transition s’accompagne d’une forte attente de résultats concrets. Les citoyens souhaitent avant tout une amélioration durable de leur sécurité, de leurs conditions de vie et des services essentiels », a déclaré Sidiki Guindo, directeur du cabinet Gisse.
Mohamed Camara



