Deux victoires consécutives face au Cap-Vert et au Liberia, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027, viennent de raviver l’espoir d’un public malien qui attend depuis longtemps un grand trophée continental. Ces résultats placent naturellement la nouvelle Fédération Malienne de Football (FemaFoot) sous les projecteurs, avec une question en toile de fond : cette nouvelle dynamique peut-elle enfin permettre au football malien de franchir un nouveau cap ?
Une nouvelle vision pour construire dans la durée
La nouvelle Fédération Malienne de Football affiche une ambition claire, améliorer les performances de l’équipe nationale tout en renforçant le football à la base. Cette stratégie passe notamment par la formation et la détection des jeunes talents, le développement des académies et l’amélioration de leur encadrement.
La modernisation des infrastructures sportives, engagée dans plusieurs régions du pays, constitue également une opportunité importante. Mais ces efforts devront être accompagnés d’un véritable dynamisme des compétitions locales. Le football malien ne peut durablement progresser si les talents ne disposent pas, dès leur formation, d’un environnement compétitif leur permettant de s’exprimer et de progresser.
Transparence et confiance : un autre défi majeur
La réussite de ce projet dépendra aussi de la qualité de la gouvernance. Après les difficultés qui ont marqué la gestion précédente, la nouvelle Fédération Malienne de Football fait de la transparence financière et administrative une priorité. Des audits réguliers, des mécanismes de contrôle et une communication plus ouverte avec les acteurs du football et le public vont contribuer à restaurer la confiance.
La relance du football local devra également mobiliser les supporters. Leur présence dans les stades, leur soutien aux clubs et leur intérêt pour les compétitions régionales sont essentiels pour créer une véritable culture du football dans l’ensemble du pays.
Le temps de la patience et de la constance
Il faudra toutefois éviter de confondre bons résultats immédiats et transformation durable. Les deux victoires enregistrées par les Aigles sont encourageantes, mais elles ne constituent qu’une étape. La construction d’un football performant demande du temps, des ressources, de la méthode et surtout de la patience.
Le Mali dispose d’atouts considérables : une jeunesse talentueuse, des joueurs de qualité, une passion populaire exceptionnelle et un potentiel qui ne demande qu’à être mieux structuré. L’enjeu est désormais de transformer ces atouts en un projet cohérent et durable comme annoncé par la nouvelle équipe de la fédération.
Cette nouvelle équipe a donc devant elle un chantier à la hauteur des attentes du pays. Les trophées ne se décrètent pas, ils se construisent. Et cette construction devra mobiliser la Fédération, les clubs, les joueurs, les pouvoirs publics et, surtout, les supporters.
Le chemin sera peut-être encore long, mais les premières victoires peuvent constituer le début d’une nouvelle histoire. Au Mali, l’heure est désormais à la construction, à la constance et à l’ambition.
Manda CISSE


