Le Conseil national de Transition (CNT) a procédé à l’ouverture officielle de sa session ordinaire d’avril 2026, ce lundi 13 avril, dans un contexte marqué par de profondes mutations politiques, sécuritaires et économiques. Dans une allocution empreinte de gravité et d’engagement, le président de l’institution, Malick Diaw, a appelé à la responsabilité collective pour accompagner la refondation de l’État malien.
Dès l’entame de son discours, il a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette session, la qualifiant de « moment solennel » s’inscrivant dans une phase décisive de l’histoire nationale. Face aux défis persistants, notamment sécuritaires et socio-économiques, le CNT est apparu, selon lui, comme un pilier essentiel de la gouvernance de transition, chargé non seulement de légiférer, mais aussi de contrôler l’action gouvernementale et d’évaluer les politiques publiques.
Cette session parlementaire, qui s’étendra sur une durée maximale de 90 jours conformément aux dispositions constitutionnelles, intervient dans un climat d’exigence accrue. Trente-deux textes sont inscrits à l’ordre du jour, dont vingt-quatre nouveaux projets de loi touchant des secteurs stratégiques tels que la justice, la sécurité, la fonction publique, les mines ou encore les collectivités territoriales.
Le président du CNT a exhorté les conseillers à faire preuve de rigueur, de sens élevé du devoir et à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. « Le peuple malien nous observe », a-t-il rappelé, mettant en garde contre toute dérive partisane ou idéologique susceptible de compromettre les attentes citoyennes.
Dans son intervention, il a également salué la présence du monde académique, soulignant le rôle crucial des universités dans l’élaboration et l’éclairage des politiques publiques, ainsi que dans la formation des élites appelées à porter la transformation du pays.
Revenant sur les activités menées durant l’intersession, le président a mis en avant les initiatives de dialogue avec la société civile, les actions de sensibilisation des commissions parlementaires et la participation du CNT à des rencontres internationales, renforçant ainsi la diplomatie parlementaire malienne.
Sur le plan régional, il s’est félicité de la dynamique engagée au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), présentée comme une réponse stratégique aux défis sécuritaires communs. Il a évoqué une reconnaissance croissante de cette organisation sur la scène internationale, malgré certaines tensions et critiques extérieures jugées « inacceptables ».
Le discours a également abordé des préoccupations nationales majeures, notamment les incendies récurrents dans les marchés, les effondrements de bâtiments, les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures et les défis énergétiques. À cet effet, le CNT a recommandé une accélération de la transition vers les énergies renouvelables et un renforcement des mécanismes de prévention des risques.
L’agriculture et l’élevage, piliers de l’économie malienne, ont été identifiés comme des leviers essentiels pour atteindre la souveraineté alimentaire. Le président a plaidé pour la modernisation des pratiques agricoles, l’investissement dans la recherche et la sécurisation des zones de production.
Dans un appel appuyé à la cohésion nationale, il a invité l’ensemble des forces vives – leaders d’opinion, acteurs sociaux, diaspora et médias – à œuvrer dans un esprit d’unité et de responsabilité, face à ce qu’il a qualifié de « guerre multidimensionnelle » imposée au pays.
Enfin, un hommage vibrant a été rendu aux Forces armées maliennes pour leur engagement sur le terrain, ainsi qu’aux acteurs économiques contribuant à la résilience nationale.
Cette rentrée parlementaire apparaît ainsi comme une étape cruciale dans la marche vers un Mali souverain, stable et résolument tourné vers l’avenir.


