Le Mali en mouvement : Bamako – Koulouba – Kati au cœur d’un vaste chantier national

Le Mali en mouvement : Bamako - Koulouba - Kati au cœur d’un vaste chantier national. © MIT

Le Mali poursuit sa politique de modernisation des infrastructures à travers plusieurs chantiers routiers majeurs qui redessinent progressivement les connexions stratégiques autour de Bamako et de Kati. Au-delà des travaux visibles sur le terrain, c’est une véritable reconfiguration de la mobilité urbaine et interurbaine qui se met en place dans un pays où les infrastructures constituent un levier essentiel du développement économique et social.

Dans le cadre de la Politique nationale des Transports, des Infrastructures de Transport et du Désenclavement, les autorités maliennes multiplient les investissements destinés à fluidifier les déplacements, réduire les risques d’accidents et améliorer l’accès aux services essentiels. Parmi les projets les plus structurants figure l’aménagement en 2×2 voies de l’axe Bamako – Koulouba – Kati, considéré comme une artère stratégique reliant la capitale politique et administrative à l’une des villes les plus importantes du pays.

Un corridor stratégique pour désengorger Bamako

Chaque jour, des milliers d’usagers empruntent les routes reliant Bamako à Kati. Cette ville constitue un corridor majeur vers Dakar, par lequel transitent une grande partie des marchandises en provenance du port sénégalais. C’est également par Kati que passe le chemin de fer Bamako- Dakar.

Embouteillages chroniques, lenteurs de circulation et insécurité routière ont longtemps pesé sur cet axe devenu vital pour les échanges économiques et les déplacements des quelque 300 000 habitants de cette commune urbaine de la région de Koulikoro. Face à la saturation d’une infrastructure qui n’avait pas connu de travaux majeurs depuis les années 1960, les autorités ont engagé un vaste programme destiné à transformer durablement ce corridor essentiel pour l’économie nationale.

Le projet comprend notamment :

  • l’aménagement en 2×2 voies de la section Bamako – Koulouba – Kati
  • la modernisation de la section Petro Bama – Samé – Kati sur la RN3
  • la réhabilitation de la bretelle d’accès à l’hôpital du Point G
  • la réalisation de 7 kilomètres de voiries urbaines dans la ville de Kati

Estimé à environ 95 milliards de FCFA et financé sur le budget national, ce programme illustre la volonté des autorités de renforcer les infrastructures internes malgré un contexte économique et sécuritaire particulièrement exigeant, sans recours à un financement extérieur. Plusieurs observateurs saluent notamment la gestion du ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alousseini Sanou, dont l’action est présentée comme déterminante dans la concrétisation de projets longtemps jugés difficiles à réaliser.

Des infrastructures au service de la santé et de la sécurité

Au-delà de la question de la circulation, les enjeux sont également sanitaires et humains. La réhabilitation de la desserte vers l’hôpital du Point G doit permettre un accès plus rapide aux soins pour les habitants de Bamako et des localités environnantes. Dans une capitale confrontée à une forte croissance démographique, la réduction du temps de trajet peut avoir un impact direct sur la prise en charge des patients.

Les autorités maliennes mettent également en avant la dimension sécuritaire des travaux. L’élargissement des voies, la modernisation des chaussées et l’aménagement des infrastructures urbaines devraient contribuer à réduire les accidents sur des axes particulièrement fréquentés.

Des travaux qui avancent malgré les difficultés

Sur le terrain, les chantiers progressent toutefois dans un environnement complexe. Les entreprises mobilisées doivent faire face à plusieurs contraintes, notamment des difficultés logistiques, des opérations de dégagement des emprises et, plus récemment, des perturbations liées à l’approvisionnement en carburant.

Selon les inspections techniques effectuées ces derniers mois par l’infatigable ministre des Transports, Madina Dembélé, certaines sections affichent une progression jugée satisfaisante, tandis que d’autres accusent encore des retards nécessitant une accélération des travaux. Les opérations d’indemnisation et de recensement des riverains impactés par le projet ont également été engagées afin de faciliter la libération des emprises nécessaires aux aménagements.

Malgré ces obstacles, les autorités maintiennent le cap et insistent sur la nécessité de poursuivre les investissements structurants dans les transports. Les travaux en cours sur l’axe Bamako – Koulikoro, parallèlement à ceux de Bamako – Koulouba – Kati, témoignent d’une stratégie plus large de modernisation du réseau routier national.

Un enjeu économique majeur pour un pays enclavé

Pour le Mali, pays enclavé fortement dépendant des corridors routiers régionaux, l’amélioration des infrastructures de transport dépasse largement la seule question urbaine. Les routes constituent un maillon essentiel pour l’approvisionnement du pays, le commerce intérieur, la circulation des marchandises et l’intégration économique régionale.

Comme l’avait déclaré le défunt président Amadou Toumani Touré : « Les routes du développement passent par le développement des routes. » Cette vision reste plus que jamais d’actualité dans un contexte marqué par des tensions logistiques et des perturbations régulières sur certains corridors sous-régionaux.

Disposer d’infrastructures modernes apparaît désormais comme un impératif stratégique pour soutenir l’économie nationale et renforcer la résilience du pays. À travers ces grands chantiers, les autorités de la Transition entendent poser les bases d’un réseau routier plus moderne, plus sûr et mieux adapté aux défis démographiques et économiques des prochaines décennies.

Manda CISSE

 

 

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