Niger : le FMI approuve un nouveau décaissement de 33 millions de dollars et salue les progrès des réformes

Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). © FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a validé la neuvième revue du programme économique du Niger au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant la voie à un décaissement immédiat d’environ 33 millions de dollars. L’institution financière internationale souligne les performances globalement satisfaisantes du programme tout en appelant les autorités à poursuivre les réformes pour consolider la stabilité économique et financière du pays.

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la neuvième revue de l’accord de 60 mois conclu avec le Niger dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Cette décision permet un décaissement immédiat d’environ 33 millions de dollars, portant le montant total des financements accordés depuis le début du programme à environ 342 millions de dollars.

Approuvé le 8 décembre 2021, le programme a été prolongé jusqu’en décembre 2026 afin de permettre aux autorités nigériennes de poursuivre la mise en œuvre des réformes structurelles jugées essentielles au renforcement de l’économie.

Selon le FMI, les résultats enregistrés dans le cadre du programme sont globalement satisfaisants. Tous les critères de réalisation quantitatifs à fin décembre 2025 ont été respectés, de même que les critères continus depuis la précédente revue. La majorité des objectifs indicatifs a également été atteinte, tandis que les réformes structurelles continuent d’avancer conformément aux engagements pris par les autorités.

Le directeur général adjoint du FMI et président par intérim du conseil d’administration, Kenji Okamura, a salué la résilience de l’économie nigérienne face à un environnement marqué par de nombreux défis. Il estime que les perspectives économiques à court et moyen terme demeurent favorables grâce au dynamisme des secteurs extractif et agricole.

L’institution met toutefois en garde contre plusieurs risques susceptibles de peser sur ces perspectives. Parmi eux figurent la dégradation de la situation sécuritaire, la volatilité des prix des matières premières, le durcissement des conditions de financement aux niveaux régional et international, la diminution des financements extérieurs ainsi que la fermeture persistante de la frontière avec le Bénin.

Le FMI souligne également que les efforts de rééquilibrage budgétaire contribuent à préserver la stabilité macroéconomique. Les recettes pétrolières attendues en 2026 devraient permettre de réduire le déficit budgétaire tout en répondant aux besoins prioritaires dans les secteurs sociaux et de la sécurité alimentaire. L’institution encourage par ailleurs les autorités à renforcer davantage la mobilisation des recettes intérieures afin de créer une marge budgétaire plus importante en faveur des investissements de développement.

Sur le plan de la gestion des finances publiques, le FMI insiste sur la nécessité de maintenir une politique prudente en matière d’endettement et d’éviter toute accumulation de nouveaux arriérés de paiement. Les autorités se sont engagées à apurer l’ensemble des arriérés extérieurs d’ici à la fin de l’année 2026 grâce à un renforcement de la gestion de la trésorerie et de la dette publique.

L’institution appelle également à des actions plus soutenues pour renforcer le secteur financier. Elle recommande notamment un diagnostic approfondi du système bancaire, l’amélioration de la solidité financière des banques, la réduction des tensions de liquidité ainsi que l’accélération de la restructuration du secteur de la microfinance afin de soutenir le financement du secteur privé.

Enfin, le FMI estime que la poursuite des réformes en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption demeure indispensable. L’achèvement de la réforme du dispositif de déclaration de patrimoine, la publication du rapport diagnostique sur la gouvernance et la mise en œuvre d’un plan d’action assorti d’échéances devraient, selon l’institution, renforcer la transparence, préserver l’appui des partenaires techniques et financiers et favoriser une croissance économique plus inclusive

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