La disparition de Modibo Diarra, alias Van Baxy, endeuille la scène culturelle malienne. Mais elle pose aussi une question dérangeante, pourquoi faut-il souvent attendre la mort de nos artistes pour mesurer leur valeur ?
Modibo Diarra, connu sous le nom de Van Baxy, s’est éteint des suites d’une maladie. Originaire de Ségou et profondément attaché à Magnambougou, l’artiste laisse derrière lui une œuvre marquée par son talent, son intégrité et son attachement aux racines maliennes.
Van Baxy faisait partie de ces artistes qui ne se contentaient pas de divertir. Il voulait raconter, transmettre et faire dialoguer la modernité avec la mémoire. À travers des titres comme Maliba, Ségou, Décroche ou Fily et Djata, il avait construit un univers où le hip-hop rencontrait la culture et les réalités du Mali.
Son parcours rappelle une évidence que nous avons parfois tendance à oublier : la valeur d’un artiste ne se mesure pas au bruit qu’il fait autour de lui, mais à ce qu’il laisse derrière lui.
Or, force est de constater que notre environnement culturel accorde parfois davantage de place à la polémique, à la rivalité et à l’exposition de la vie privée qu’au travail artistique lui-même. Dans cette course permanente à la visibilité, des créateurs talentueux restent dans l’ombre tandis que le spectacle prend le pas sur l’œuvre.
Ce constat mérite d’être posé sans complaisance.
Nous devons apprendre à célébrer nos artistes de leur vivant. Les soutenir, documenter leurs œuvres, préserver leurs archives et donner à leur travail la place qu’il mérite dans notre patrimoine.
La disparition de Van Baxy ne doit donc pas seulement provoquer des messages de condoléances. Elle doit nous interroger sur la manière dont nous considérons ceux qui consacrent leur vie à faire vivre notre culture.
Un artiste véritable ne disparaît jamais complètement. Sa voix demeure dans ses œuvres, dans la mémoire de son public et dans les générations qu’il a inspirées.
Van Baxy est parti. Mais son œuvre reste. À nous de ne pas attendre d’autres disparitions pour comprendre la valeur de ceux qui font vivre la culture malienne.
Que la terre lui soit légère.
Manda CISSE



