Le gouvernement franchit une nouvelle étape dans la valorisation des ressources minières. Réuni pour la première fois sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, le Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a dressé un bilan encourageant des ressources mobilisées. Plus de 120 milliards de FCFA sont désormais disponibles pour financer des projets structurants dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des transports, confirmant la volonté des autorités de faire du secteur minier un véritable moteur du développement national.
Un fonds inédit au service des infrastructures nationales
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, a présidé, le vendredi 31 juillet, la première réunion du Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport dans le secteur des mines. La rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement, les membres du Comité de pilotage ainsi que les responsables des structures concernées.
Cette première session a permis de faire le point sur les ressources mobilisées grâce à ce mécanisme innovant, destiné à financer directement les infrastructures indispensables au développement économique du pays. L’ambition est claire : transformer les richesses du sous-sol malien en investissements concrets dans les routes, les barrages, les réseaux électriques et les infrastructures hydrauliques.
Un mécanisme prévu par le Code minier
Le ministre a rappelé que ce fonds a été institué conformément à l’article 98 de la loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier. Celui-ci prévoit une contribution obligatoire des titulaires de permis d’exploitation de grandes et petites mines ainsi que des exploitants industriels de substances de carrière.
Durant les cinq premières années de production, les opérateurs versent 1 % de leur chiffre d’affaires trimestriel ainsi que 10 % de la redevance ad valorem (en fonction de la valeur). À partir de la sixième année, la contribution sur le chiffre d’affaires est portée à 2,5 %.
Selon Alousséïni Sanou, cette réforme traduit la vision du Président de la Transition, consistant à adosser le financement des grandes infrastructures à la performance du secteur minier, créant ainsi un lien direct entre l’exploitation des ressources naturelles et les investissements publics.
Des recettes importantes pour financer les priorités nationales
Les premiers résultats témoignent du potentiel de ce nouvel instrument financier. Au cours de la réunion, il a été révélé que plus de 120 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés pour soutenir les investissements structurants.
Le ministre de l’Économie et des Finances a précisé que les recettes collectées entre le 1er janvier 2025 et le 30 juin 2026 atteignent précisément 109,142 milliards de FCFA, répartis entre 57,751 milliards de FCFA en 2025 et 51,391 milliards de FCFA au premier semestre 2026.
Pour le ministre, ces performances démontrent la pertinence des réformes engagées dans le secteur minier ainsi que la capacité du fonds à générer des ressources importantes pour financer les investissements prioritaires de l’État.
Le secteur minier, moteur du développement
Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a salué ces résultats qu’il considère comme une preuve de la montée en puissance du secteur minier dans le financement du développement national.
Selon lui, l’opérationnalisation de ce fonds marque le début d’une nouvelle dynamique qui sera renforcée par la mise en œuvre d’autres mécanismes similaires. Ensemble, ces différents fonds, combinés aux dividendes de l’État, aux taxes et aux impôts issus des activités minières, contribueront durablement au financement du développement économique du Mali.
Des projets structurants déjà identifiés
La réunion a également permis aux départements sectoriels de présenter les projets susceptibles d’être financés.
La ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé, a notamment défendu plusieurs projets prioritaires, parmi lesquels le chemin de fer, des infrastructures routières, l’acquisition de bateaux ainsi que la relance de Mali Airlines SA.
Selon elle, ce nouveau fonds représente une opportunité majeure pour améliorer la mobilité, développer un véritable système multimodal de transport et diversifier les voies d’approvisionnement du pays. Il permettra également d’accélérer le désenclavement de nombreuses régions grâce à la réalisation d’infrastructures routières et fluviales.
Énergie et eau : accélérer la souveraineté nationale
Le secteur énergétique figure également parmi les principaux bénéficiaires du fonds.
Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Tiémoko Traoré, estime que cette nouvelle source de financement constitue une véritable opportunité pour renforcer les infrastructures hydrauliques et énergétiques.
Selon lui, les investissements prévus permettront d’améliorer l’accès à l’eau potable, de soutenir l’agriculture, la santé et la protection de l’environnement tout en renforçant les capacités de production énergétique du pays. L’objectif est de répondre aux besoins des ménages, mais aussi de soutenir l’industrialisation et la création de valeur ajoutée.
Le ministre a également rappelé que plus de 18 milliards de FCFA avaient déjà été transférés aux collectivités territoriales grâce au Fonds de développement local, estimant que ce nouveau mécanisme viendra consolider ces acquis.
Vers une plus grande autonomie financière
Au-delà des montants mobilisés, le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport apparaît comme un instrument stratégique de financement alternatif.
En permettant de financer des secteurs essentiels tels que l’énergie, l’eau et les transports grâce aux revenus issus des activités minières, le Mali réduit progressivement sa dépendance aux financements extérieurs et renforce sa souveraineté économique.
À travers cette réforme, les autorités entendent faire du secteur minier un véritable levier de transformation structurelle de l’économie nationale, où les richesses naturelles servent directement à construire les infrastructures indispensables au développement durable du pays.



