Un peu plus d’un an après la pose de la première pierre, la Région de Koulikoro franchit une étape majeure dans la valorisation des autorités coutumières avec l’inauguration officielle du Vestibule des légitimités traditionnelles et coutumières, premier édifice du genre au Mali.
Le 15 janvier 2025, le Président de la Transition, le général Assimi Goïta, avait lancé les travaux de ce bâtiment symbolique. Ce mercredi 26 février, c’est le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, qui a procédé à la remise officielle des clés d’un édifice « respirant toute la dignité à la hauteur de la sagesse de nos anciens ».
Un socle historique et moral réaffirmé
Transmettant les félicitations du Chef de l’État aux légitimités traditionnelles de la Région de Koulikoro, le Premier ministre a rappelé leur rôle fondamental dans l’histoire et la structuration sociale du Mali. Selon lui, elles constituent « un socle historique, moral et social de la Nation », dépositaires d’une sagesse pluriséculaire, incarnant l’autorité morale, la médiation sociale et la cohésion communautaire.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux persistants, les autorités coutumières apparaissent, a-t-il souligné, comme des acteurs essentiels de la stabilité, de la réconciliation et du vivre-ensemble. Leur proximité avec les populations, leur connaissance fine des réalités locales et leur crédibilité sociale en font des partenaires incontournables de l’État dans la construction d’un Mali uni.
Un engagement inscrit dans la durée
Depuis novembre 2022, une journée est officiellement dédiée aux légitimités traditionnelles, illustrant l’attention particulière que leur accordent les autorités de la Transition. Lors de la pose de la première pierre, le Président de la Transition avait d’ailleurs affirmé :
« Rien de durable ne peut se faire sans les villages, les fractions et les quartiers, sans leur consentement et leur accompagnement. »
Il avait ajouté : « Il s’agit de s’appuyer sur leur système de gouvernance avec lequel les Légitimités parviennent à traiter et solutionner des différends pour amorcer une véritable refondation de l’État. »
Ces déclarations trouvent aujourd’hui une traduction concrète à travers l’édification de ce vestibule, présenté comme un jalon important dans le processus de refondation nationale.
Un espace de médiation et de transmission
Dans la tradition malienne, le vestibule n’est pas un simple bâtiment. Il est un espace de responsabilité où se dénouent les conflits et où se prennent des décisions engageant la communauté. Il constitue également un lieu d’apprentissage informel pour les jeunes générations, centré sur le respect, l’écoute, la communication et le sens du collectif.
À travers cette infrastructure, les plus autorités entendent réaffirmer les valeurs fondamentales maliennes : dialogue, cohésion sociale, solidarité et dignité. Le vestibule se veut ainsi : un espace de pouvoir et de décision ; un lieu de médiation et de justice sociale ; un vecteur de transmission des valeurs ; un symbole d’hospitalité et de dignité ; un pilier de l’ordre social traditionnel ; et, enfin, une continuité du Mali Kura.
Une vision d’unité et de refondation
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général Issa Ousmane Coulibaly, a souligné la portée stratégique de cette initiative : « À travers cette dynamique, c’est toute une vision qui se déploie : celle d’un Mali réconcilié avec lui-même, adossé à ses traditions, uni dans sa diversité et engagé dans une refondation durable. »
Il a ajouté que ces actions traduisent la volonté du Président de la Transition d’accorder une place de choix aux autorités et légitimités traditionnelles dans le processus de refondation de l’État, en reconnaissant leur contribution essentielle à la paix, à la cohésion sociale et au développement du Mali.
La cérémonie s’est déroulée en présence d’une importante délégation de la Présidence, de plusieurs membres du Gouvernement et des légitimités traditionnelles de Koulikoro, marquant ainsi une nouvelle étape dans la reconnaissance institutionnelle des autorités coutumières comme partenaires clés de la gouvernance nationale.



