Les autorités maliennes ont adopté un arrêté imposant des sanctions financières ciblées à l’encontre de douze personnes soupçonnées de soutien à des groupes armés et terroristes. Cette mesure administrative prévoit notamment le gel de leurs avoirs par les institutions financières du pays.
Le gouvernement malien a pris un arrêté de sanctions financières ciblées contre douze personnes, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Selon le texte officiel daté du jeudi 18 juin, les personnes concernées sont soupçonnées d’apporter un soutien au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ou au Front de libération de l’Azawad (FLA). Elles sont également visées pour des faits présumés d’apologie du terrorisme, d’association de malfaiteurs ou encore de facilitation d’actes terroristes.
Cette décision, qui relève d’une procédure administrative, ne constitue pas une condamnation pénale. Elle entraîne toutefois des conséquences immédiates sur le plan financier. Les banques, établissements financiers et autres entités assujetties sont désormais tenus d’identifier, de signaler et de geler les avoirs des personnes inscrites sur cette liste.
Des personnalités médiatiques et politiques concernées
Parmi les personnes visées figurent plusieurs personnalités connues du paysage médiatique, politique et associatif malien. Il s’agit notamment du journaliste Malick Konaté, de la militante Kadidia Fofana, du chroniqueur des réseaux sociaux Sékou Tounkara, ainsi que d’Ismaïla Sacko, président du Parti social-démocrate africain.
La liste comprend également Boubacar Soumahoro, plus connu sous le nom de Bouba Fané, influenceur, Cheick Mohamed Chérif Koné, ancien magistrat radié en 2023, ainsi que Youssouf Doumbia, alias Delfro sur les réseaux sociaux.
Des figures des mouvements du Nord également ciblées
Plusieurs personnalités associées aux mouvements politico-militaires du Nord figurent également parmi les personnes sanctionnées. C’est le cas d’Almouzamil Ag Mohamed, ancien responsable de la communication de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), de Boubacar Siddigh Ould Taleb Sidi Aly, présenté comme proche de mouvements armés signataires du processus de paix, ainsi que d’Haballah Ag Hamzatta, ancien cadre du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA).
Mohamed Elmaouloud Ould Ramadane, porte-parole du Front de libération de l’Azawad, est également concerné par la mesure, tout comme l’ancien député de Kidal, Ahmada Ag Bibi.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Cette décision intervient dans un contexte de persistance des violences jihadistes et de fortes tensions entre les autorités maliennes et les anciens groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
Depuis la reprise des hostilités en 2023 et la dénonciation de l’accord par les autorités de transition,
À travers cet arrêté, les autorités entendent renforcer leur dispositif de lutte contre le financement présumé des groupes armés et terroristes. L’efficacité de cette mesure dépendra toutefois de la capacité des services compétents à identifier, localiser et bloquer les avoirs des personnes concernées, y compris lorsque celles-ci résident ou exercent leurs activités hors du territoire national.



