Longtemps attendue, la modernisation des infrastructures de Bamako connaît une accélération sans précédent. À travers plusieurs projets routiers d’envergure, les autorités de la Transition affichent leur volonté de transformer durablement la capitale, de fluidifier la circulation et d’améliorer le quotidien des populations.
Cette dynamique marque une rupture avec des années où les ambitions en matière d’aménagement urbain peinaient à se concrétiser. Aujourd’hui, les travaux engagés traduisent une vision tournée vers l’avenir : bâtir une ville plus accessible, plus fonctionnelle et mieux adaptée aux besoins d’une population en constante croissance.
Il convient de saluer les efforts consentis par les autorités de la Transition. Puissent-elles trouver la force, la santé et la détermination nécessaires pour poursuivre cette œuvre au service du Mali. Le Grand Bamako est en marche, et cette ambition mérite d’être reconnue.
Libérer les emprises routières pour construire le Bamako de demain
Le 22 juillet 2026, l’opération de démolition des habitations situées dans l’emprise du projet routier Banconi – Dialakorodji – Safo – Dabani – Nonsombougou a officiellement débuté. Cette intervention s’est déroulée sous la supervision d’une délégation des ministères chargés des Infrastructures, des Domaines et de l’Urbanisme, avec l’appui des forces de l’ordre.
Cette opération avait été annoncée quelques jours plus tôt, le 18 juillet 2026, lors d’une visite des membres du Gouvernement et des représentants des collectivités territoriales.
Selon M. Almeimoune Ali, représentant de la Direction générale des Routes, l’occupation des emprises constituait le principal obstacle à la réalisation de cet important projet routier. Leur libération est donc une condition indispensable pour permettre l’exécution des travaux dans les délais et selon les normes prévues.
Financé par le budget national, ce projet structurant vise à relier les Routes nationales RN3 et RN27 tout en désengorgeant le secteur de Samé. À terme, il permettra de fluidifier les déplacements, de réduire les temps de trajet et de renforcer les échanges entre plusieurs localités, offrant ainsi une meilleure mobilité à des milliers d’usagers chaque jour.
Le Directeur national de l’Urbanisme a indiqué que cette opération concerne 573 habitations. À ce jour, 430 propriétaires ont signé les procès-verbaux d’entente avec la Commission nationale d’indemnisation, tandis que 144 d’entre eux ont déjà perçu leurs indemnités, pour un montant supérieur à un milliard de francs CFA. Les autres propriétaires sont invités à accomplir les démarches nécessaires afin de bénéficier, eux aussi, de cette indemnisation.
Le développement impose parfois des choix difficiles, mais nécessaires
Aucun pays ne peut se développer sans engager des projets structurants susceptibles d’entraîner des réaménagements. Si ces décisions peuvent être douloureuses pour les personnes directement concernées, elles doivent être appréciées à la lumière de l’intérêt général et des bénéfices qu’elles apporteront à l’ensemble de la collectivité.
Au-delà de l’application de la loi, les autorités ont privilégié une approche conciliant fermeté et responsabilité sociale. En mettant en place un dispositif d’indemnisation, y compris pour certaines occupations irrégulières, elles cherchent à limiter les conséquences humaines de cette opération tout en réaffirmant la primauté de l’intérêt général.
Cette situation rappelle également l’importance de la vigilance dans les transactions foncières. Trop de familles se retrouvent aujourd’hui confrontées à des difficultés après avoir acquis des terrains auprès de promoteurs peu scrupuleux ou d’intermédiaires ne disposant d’aucune légitimité. Le respect des procédures administratives et des règles d’urbanisme demeure la meilleure protection contre ce type de désagréments. Certaines zones, destinées à accueillir des infrastructures publiques, n’auraient jamais dû être occupées.
Pendant de nombreuses années, le Mali a souffert d’un affaiblissement de l’autorité de l’État, où le laisser-faire et les arrangements informels ont progressivement remplacé le respect des règles. Aujourd’hui, la Transition s’efforce de restaurer l’État de droit, de remettre de l’ordre dans l’aménagement du territoire et de poser les bases d’un développement durable.
Construire des routes ne consiste pas uniquement à poser du bitume. C’est préparer l’avenir, faciliter les déplacements, soutenir l’activité économique, renforcer la cohésion territoriale et améliorer durablement la qualité de vie des citoyens. Les réformes engagées peuvent susciter des contraintes à court terme, mais elles répondent à une ambition plus vaste. Celle de bâtir un Mali mieux organisé, respectueux de ses règles et résolument tourné vers le développement.
Le progrès exige parfois des sacrifices, mais il repose avant tout sur une vision. En accompagnant les grands projets d’infrastructures et en respectant les règles qui encadrent leur réalisation, chaque citoyen contribue, à son échelle, à l’édification d’un Mali plus moderne, plus prospère et plus fort.
Manda CISSE



