L’urgence de changer nos comportements.
L’amélioration des conditions de vie quotidiennes des Maliens doit demeurer l’une des priorités majeures de l’action publique. C’est dans cet esprit que les autorités de la Transition ont engagé d’importants travaux routiers afin de faciliter la circulation, fluidifier le trafic, réorganiser l’espace urbain et, surtout, renforcer la sécurité de tous.
Ces efforts, lorsqu’ils sont menés dans l’intérêt général, méritent d’être salués, respectés et accompagnés par chaque citoyen. Car une route, un terre-plein, un trottoir ou toute autre infrastructure publique n’appartient pas à quelques-uns : c’est notre bien commun.
Pourtant, j’ai pu constater de mes propres yeux un comportement à la fois inadmissible, irresponsable et extrêmement dangereux. Des motocyclistes empruntent les terre-pleins centraux pour contourner la circulation, au mépris du Code de la route, de leur propre sécurité, de celle des autres usagers et du respect des infrastructures nouvellement aménagées.
Ce comportement ne doit pas être banalisé.
Je n’ai pas pour habitude d’interpeller directement les autorités, mais cette situation mérite, à mon sens, une intervention urgente. Parce que les mauvaises habitudes, lorsqu’elles ne sont ni dénoncées ni sanctionnées, finissent par s’installer et devenir une norme.
Nous devons refuser cette banalisation de l’incivisme
Si quelques individus dégradent ou détournent les infrastructures publiques par leur comportement irresponsable, c’est finalement l’ensemble de la collectivité qui en paie le prix. L’argent consacré à ces aménagements est celui de la Nation. Les dégradations d’aujourd’hui deviennent les dépenses supplémentaires de demain. Et, surtout, derrière chaque comportement dangereux, il peut y avoir une vie brisée.
Avec toute la bienveillance du monde, il est légitime de se demander : comment peut-on raisonnablement comprendre qu’un citoyen utilise une infrastructure conçue pour améliorer sa sécurité et celle des autres, tout en la mettant volontairement en danger ?
Comment peut-on avoir si peu de considération pour le bien public ?
Comment le respect de la loi a-t-il pu devenir, pour certains, une simple option ?
Il est urgent de mener une véritable action de prévention et de sensibilisation, accompagnée, lorsque cela est nécessaire comme ici, de sanctions fermes contre ceux qui refusent de respecter le Code de la route et les infrastructures publiques.
Car la discipline ne peut pas être à géométrie variable. On ne peut pas réclamer des routes modernes, des villes mieux aménagées et davantage de sécurité tout en refusant, dans le même temps, les règles élémentaires qui permettent de préserver ces acquis.
Je le dis souvent, l’éducation est à la base de tout.
Et ce que nous observons aujourd’hui doit nous interpeller collectivement. Le problème n’est pas seulement celui des routes ou de la circulation. Il est aussi celui de notre rapport au bien commun, à la règle, à l’autorité et aux autres.
Un certain « je-m’en-foutisme » semble malheureusement s’être installé dans nos comportements quotidiens. Et ce laisser-faire finit toujours par coûter cher. Couter cher à l’État, à la société et à chacun d’entre nous.
Le Mali ne pourra pas se construire uniquement avec des routes neuves, des infrastructures modernes et de grands projets. Il se construira aussi avec des citoyens responsables, disciplinés et conscients que le bien public est leur propre bien.
Respecter une route, respecter une règle, respecter un feu, respecter une infrastructure, ce n’est pas faire plaisir aux autorités. C’est se respecter soi-même.
Le développement d’un pays ne se mesure pas seulement à la qualité de ses infrastructures. Il se mesure surtout à la manière dont ses citoyens les utilisent, les respectent et les préservent.
Le changement que nous attendons du Mali doit commencer par nous.
Manda CISSE


