Le Mali va mal. Et ce constat n’est plus une opinion, c’est une réalité que vivent chaque jour des millions de citoyens. Mais plus grave encore que la crise elle-même est la manière dont elle est racontée, interprétée, parfois instrumentalisée.
J’accuse ceux qui, à l’extérieur, prétendent analyser sans jamais assumer les conséquences de leurs discours. J’accuse certaines tribunes médiatiques qui offrent une visibilité ambiguë aux acteurs de la violence, sous couvert d’expertise, brouillant ainsi la frontière entre information et mise en scène.
J’accuse une politique internationale faite de contradictions, où les principes affichés ne résistent pas aux intérêts du moment. Comment parler de stabilité tout en tolérant ce qui fragilise davantage un pays déjà éprouvé ? Comment défendre des valeurs universelles sans les appliquer avec constance ?
L’histoire entre le Mali et la France est lourde, complexe, indéniable. Elle est faite de liens, de sacrifices, de contributions oubliées. Des générations de Maliens ont participé, souvent au prix de leur vie, à des combats qui dépassaient leurs frontières. Et pourtant, le sentiment d’injustice persiste, nourri par un respect à sens unique.
J’accuse surtout l’oubli. L’oubli des sacrifices. L’oubli des responsabilités partagées. L’oubli de ce que devraient être des relations équilibrées entre nations souveraines.
J’accuse également le silence de la France face à certaines réalités récentes, notamment l’absence de condamnation claire des attaques terroristes du 25 avril 2026, révélatrice d’un positionnement qui ne surprend plus personne mais qui continue d’alimenter les incompréhensions.
Mais accuser ne suffit plus. Il faut aussi regarder en face nos propres défis. La défense du Mali ne peut reposer uniquement sur la dénonciation extérieure. Elle exige lucidité, engagement et responsabilité collective. Elle suppose de refuser les compromissions, d’élever le débat, de construire au lieu de seulement dénoncer.
Le combat qui s’ouvre n’est pas seulement militaire ou politique. Il est moral, intellectuel, stratégique. Il demande du courage, de la cohérence et une vision claire.
Des Maliens issus de la société civile, ayant une expérience approfondie du monde occidental et une connaissance des pratiques et stratégies qui y prévalent, peuvent également contribuer. Le Mali gagnerait à rester ouvert à toutes les bonnes volontés maliennes, où qu’elles se trouvent.
Manda CISSE



