France : la complaisance n’est pas une neutralité, c’est une faute

La façade du siège de France Médias Monde à Issy-les-Moulineaux. © FMM

Pendant que l’Alliance des États du Sahel (AES) lutte, au prix du sang, pour défendre sa population contre le terrorisme et ses violences extrêmes, ailleurs en France, un autre choix est fait. Un choix lourd de conséquences. Celui de tendre le micro à ceux qui sèment la terreur.

Sur des chaînes nationales financées par les contribuables Français, les responsables d’atrocités ne sont plus seulement décrits pour ce qu’ils sont. Ils deviennent des « interlocuteurs », des « combattants », parfois même des « acteurs politiques » présentés comme porteurs de revendications. Les mots évoluent, la réalité demeure. Des vies sont brisées, des territoires dévastés, des sociétés traumatisées.

Ce glissement n’est ni anodin ni neutre. Il s’agit d’une banalisation dangereuse, d’une confusion volontaire des repères. Donner une visibilité à la violence terroriste revient à en diluer la gravité, à brouiller la frontière entre victimes et bourreaux. Une telle posture est indigne d’un État qui se revendique défenseur de la justice et des droits humains.

Le décalage est frappant. D’un côté, des discours de principe. De l’autre, des actes qui fragilisent ces mêmes principes. À force de contradictions, la crédibilité de la France s’effrite et le doute s’installe chez des millions de citoyens, du Sahel à l’Afrique tout entière.

Une ambiguïté aux conséquences profondes

Derrière cette ambiguïté se dessine une réalité plus inquiétante. Celle d’un monde où toutes les vies ne semblent pas avoir le même poids, où certaines tragédies peuvent être relativisées, où des régions entières deviennent des terrains d’ajustement stratégique. L’Afrique, une fois de plus, se retrouve au cœur de ces équilibres instables, où les tensions se multiplient et où le chaos finit par servir les intérêts bien établis.

Car il ne s’agit pas seulement d’un choix éditorial ou médiatique. Cette mise en récit de France Médias Monde nourrit des fractures profondes, attise les oppositions, et participe à un climat où les conflits s’enracinent. À terme, ce sont les guerres civiles, la pauvreté et la misère qui prospèrent, pendant que d’autres tirent profit du désordre et enrôlent les plus vulnérables au service de leurs objectifs.

Face à cela, l’AES revendique un droit fondamental. Celui de protéger ses citoyens, d’assurer sa sécurité et de tracer une voie souveraine. Un choix légitime, mais qui dérange. Car l’émancipation n’est jamais neutre pour ceux qui ont intérêt à maintenir leur influence.

La vérité doit être dite, frontalement, sans détour ni indulgence. Offrir une tribune à ceux qui terrorisent, massacrent des populations revient à fragiliser ceux qui leur résistent. Cela revient, à participer consciemment à une dynamique de déstabilisation.

Il ne s’agit plus d’une simple ligne franchie, mais d’un signal clair, une hostilité perçue par tout un peuple engagé dans une lutte existentielle.

Mais rien n’est écrit d’avance. Le peuple de l’AES avance, malgré les épreuves, malgré les pressions. Son combat est difficile, exigeant, parfois coûteux, mais il est essentiel

Car au bout de ce chemin se trouvent des principes qui ne devraient jamais être négociables. La liberté, la dignité et la souveraineté.

 

Manda CISSE

Auteur/Autrice

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