« Siby – Les corps parlent là où les mots s’effacent. À travers des mouvements chargés d’émotion, les artistes de la 3ᵉ édition du Festival Beaux Arts du Mali (BAM) transforment la danse en un puissant moyen d’expression des réalités sociales, des inégalités et de la richesse de la diversité humaine.
Après une ouverture marquée jeudi par la création chorégraphique « Haut Couleur », célébrant la beauté de la diversité, le festival a poursuivi ce vendredi avec deux œuvres fortes : « Mille et sans voix » d’Assetou Doumbia et « Au cœur » d’Adiaratou Traoré.
À chaque représentation, les danseurs captivent le public. Les sauts, les cris, les gestes et les silences racontent des histoires qui dépassent le simple spectacle. Ici, la danse devient un véritable langage, capable de sensibiliser, d’interroger et de provoquer la réflexion.
« À travers ces pièces, nous exprimons le ressenti de notre société. Nous évoquons notamment les violences que subissent les femmes dans les foyers ainsi que les regards et les jugements auxquels elles font face dans la société », explique Tidiane N’Diaye, danseur international et directeur du Festival BAM.
Parmi les temps forts figure également le duo « Mystère entre homme et femme », interprété par Antoine Rolland Rached et Fanta Cissé. La chorégraphie met en scène les contradictions des relations humaines : l’amour, les tensions, les incompréhensions, mais aussi les moments de communion qui façonnent la société.
« C’est le reflet de notre quotidien. À travers la danse, nous voulons informer, sensibiliser et amener chacun à réfléchir sur les réalités qui nous entourent », poursuit Tidiane N’Diaye.
La création collective « Haut Couleur » délivre, quant à elle, un message universel. Elle célèbre la diversité des couleurs, des cultures et des identités comme une richesse pour l’humanité, tout en appelant au respect de l’autre et à une meilleure harmonie entre l’homme et la nature.
Danseur de renommée internationale, Tidiane N’Diaye a parcouru plusieurs pays, notamment la France et la Suisse, où il a également enseigné son art à des milliers de passionnés.
Fort de cette expérience, il souhaite aujourd’hui transmettre son savoir aux jeunes Maliens.
« Il était important pour moi de revenir partager cette expérience avec mes compatriotes. Chez nous, la danse est souvent réduite à une simple animation. Pourtant, c’est un art qui porte des messages, interpelle les consciences et contribue au changement social. Je veux transmettre cette vision aux jeunes générations », affirme-t-il.
À Siby, le Festival BAM confirme ainsi sa vocation : faire de la danse un outil d’éducation, de dialogue et de transformation sociale, tout en offrant une scène d’expression aux jeunes talents maliens.
Mohamed Camara



