À l’occasion de la 4ᵉ édition de l’Album Vacances, dont le coup d’envoi est prévu pour ce jeudi 23 juillet 2026, YamarouPhoto poursuit son engagement en faveur de l’éducation artistique et de l’inclusion sociale des jeunes à Bamako. Dans cet entretien, Seydou Camara revient sur les objectifs de cette initiative, la formation de plus de 200 enfants à la photographie et l’impact grandissant de YamarouPhoto sur la scène photographique malienne et africaine.
Question : YamarouPhoto lance la 4ᵉ édition de l’Album Vacances. Quelle est la philosophie de cette initiative ?
Seydou Camara : L’Album Vacances est né d’une conviction simple : les vacances ne doivent pas être un temps d’oisiveté pour les enfants, surtout dans les quartiers défavorisés de Bamako. Nous voulons transformer cette période en un moment d’apprentissage, de découverte et d’expression créative. À travers la photographie, les enfants apprennent à observer leur environnement, à raconter des histoires et à prendre confiance en eux. Cette initiative est avant tout un projet éducatif et culturel. Elle s’inscrit pleinement dans l’Année de l’éducation et de la culture décrétée par les plus hautes autorités du Mali, mais également dans la dynamique de la Biennale africaine de la photographie de cette année, qui met en lumière le rôle de l’image dans la construction des sociétés africaines.
Question : Pourquoi avoir ciblé particulièrement les jeunes élèves des quartiers défavorisés ?
Seydou Camara : Parce que ces enfants disposent souvent de peu d’espaces d’expression artistique. Pourtant, ils ont énormément de talent, de curiosité et d’imagination. Notre rôle est de leur offrir une opportunité. Avec l’Album Vacances, nous apportons des appareils photo, des ateliers pratiques, des séances d’initiation et un accompagnement pédagogique. Les enfants découvrent non seulement les bases de la photographie, mais aussi des valeurs essentielles : la discipline, le travail en équipe, le respect de l’autre et la créativité.
Nous voulons leur faire comprendre qu’ils peuvent être acteurs de leur propre avenir.
Question : Vous évoquez souvent la dimension éducative du projet. Comment se traduit-elle concrètement ?
Seydou Camara : La photographie devient un outil d’éducation. Les enfants apprennent à lire une image, à composer une scène, à identifier la lumière, mais aussi à développer leur regard critique.
Depuis le lancement du programme, plus de 200 enfants ont déjà été formés à la photographie par YamarouPhoto. Certains n’avaient jamais tenu un appareil photo entre leurs mains. Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux réalisent des images remarquables et participent à des expositions locales.
C’est une immense fierté de voir ces jeunes gagner en assurance et découvrir des vocations.
Question : Quel lien établissez-vous entre cette édition et la Biennale africaine de la photographie ?
Seydou Camara : La Biennale africaine de la photographie est un rendez-vous majeur pour l’image sur le continent. Elle rappelle que la photographie africaine ne se limite pas à l’esthétique : elle raconte nos réalités, nos cultures et nos aspirations.
En organisant cette 4ᵉ édition pendant cette année de Biennale, nous voulons créer un pont entre les grands événements culturels et les enfants des quartiers populaires. Ces jeunes doivent se sentir concernés par la création artistique africaine. Ils sont les photographes de demain. En plus de faire un grand écho à la renommée de Bamako comme capitale africaine de la photographie.
Question : YamarouPhoto est aujourd’hui très présent dans le paysage culturel. Quel impact estimez-vous avoir eu sur la photographie malienne ?
Seydou Camara : YamarouPhoto travaille depuis plusieurs années pour faire revivre l’image de Bamako comme capitale africaine de la photographie. Nous organisons des formations, des résidences, des expositions et des projets communautaires.
Notre objectif n’est pas seulement de produire de belles images, mais de créer un véritable écosystème photographique. Nous avons accompagné de nombreux jeunes talents, favorisé l’émergence de femmes photographes et multiplié les collaborations avec des acteurs culturels africains et internationaux. Aujourd’hui, YamarouPhoto est reconnu comme un espace de transmission et d’innovation dans le domaine de la photographie au Mali.
Question : Peut-on parler d’un rayonnement africain de YamarouPhoto ?
Seydou Camara : Oui, progressivement. Nos projets circulent dans plusieurs réseaux culturels africains et internationaux. Des photographes formés ou accompagnés par YamarouPhoto participent désormais à des expositions, à des festivals et à des rencontres professionnelles au-delà du Mali.
Ce rayonnement est important, car il montre que la création malienne continue d’occuper une place majeure dans la photographie africaine contemporaine.
Question : Quel message souhaitez-vous adresser aux partenaires et aux autorités ?
Seydou Camara : J’aimerais rappeler que l’investissement dans la culture est aussi un investissement dans l’éducation et dans la paix sociale. Quand un enfant découvre un moyen d’expression, il gagne en confiance et en perspective d’avenir.
Nous remercions les autorités pour avoir placé l’éducation et la culture au cœur des priorités nationales. L’Album Vacances s’inscrit exactement dans cette vision : offrir aux jeunes un espace d’apprentissage, de créativité et d’épanouissement pendant les vacances.
Entretien réalisé par Mohamed Camara



