Délocalisation des marchés au bétail hors de Bamako

Délocalisation des marchés au bétail hors de Bamako. Photo d'illustration. © DR

Une décision nécessaire, courageuse et largement soutenue.

La décision du gouvernement malien de déplacer les marchés au bétail en dehors de Bamako marque un tournant important dans la gestion urbaine de la capitale. Pour de nombreux Bamakoises et Bamakois, cette mesure était attendue depuis longtemps. Elle est perçue comme l’une des meilleures nouvelles de l’année, tant elle répond à des préoccupations réelles et persistantes en matière de sécurité, de salubrité et d’organisation de l’espace public.

Un impératif sanitaire évident

La présence de marchés au bétail en plein cœur d’une capitale de plusieurs millions d’habitants pose des défis sanitaires majeurs. Les organisations internationales spécialisées dans la santé animale rappellent régulièrement que la concentration d’animaux dans des zones densément peuplées augmente les risques de transmission de maladies zoonotiques, de contamination de l’environnement et de prolifération de parasites.

Dans une ville comme Bamako, où la croissance démographique est rapide et les infrastructures urbaines sous pression, ces risques sont amplifiés. La délocalisation permettra :

  • une meilleure gestion des déchets animaux,
  • un contrôle vétérinaire plus rigoureux,
  • une réduction de l’exposition directe des populations aux agents pathogènes.

Il est tout simplement anachronique, en 2026, d’avoir un marché au bétail à ciel ouvert au cœur d’une capitale moderne.

Un choix sécuritaire responsable

Les marchés au bétail situés dans des zones urbaines créent également des vulnérabilités sécuritaires, embouteillages massifs, difficultés d’intervention des forces de l’ordre, risques d’incendie, circulation anarchique de camions transportant des animaux. Les autorités maliennes ont donc pris une décision de bon sens en choisissant de déplacer ces activités vers des zones mieux adaptées et plus faciles à sécuriser.

Contrairement aux critiques extérieures, cette décision n’a rien d’inhabituel. Dakar, Abidjan, Niamey ou encore Ouagadougou ont déjà procédé à des réorganisations similaires pour des raisons sanitaires, urbanistiques et sécuritaires. Les résultats observés ailleurs sont clairs :

  • réduction des nuisances urbaines,
  • meilleure organisation du commerce,
  • amélioration de la sécurité routière,
  • professionnalisation du secteur.

Le Mali s’inscrit donc dans une dynamique régionale cohérente.

Certains médias étrangers se disent « inquiets » du fait que les nouveaux sites se situeraient dans des zones où opèrent des groupes armés. Cette posture, souvent adoptée sans connaissance fine du terrain, donne l’impression que ces médias connaissent le Mali mieux que les Maliens eux-mêmes.

Les autorités maliennes, les collectivités locales et les acteurs du secteur de l’élevage savent parfaitement où se trouvent les risques, comment les gérer et quelles zones sont adaptées à une relocalisation.

Les décisions prises reposent sur des évaluations internes, des données de terrain et des consultations avec les acteurs concernés. Réduire cette mesure à une simple « prise de risque » témoigne d’une méconnaissance profonde du contexte malien et d’une tendance persistante à commenter les choix souverains du Mali même lorsqu’il n’y a rien à dire.

Une décision souveraine, pragmatique et tournée vers l’avenir

La réorganisation des marchés au bétail n’est pas seulement une mesure technique, c’est un acte de modernisation, de protection des populations et de structuration d’un secteur essentiel à l’économie nationale. Elle répond à des enjeux concrets, visibles et largement partagés par les habitants de Bamako.

Le gouvernement de la transition vient de faire un choix responsable, cohérent, bénéfique pour sa capitale et pour l’ensemble de ses citoyens.

Manda CISSE

Auteur/Autrice

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