Le Mali et Albanese contre l’ordre des puissants

Une patrouille de l'armée malienne dans le nord du pays. © DR

Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens, vit un véritable « tourbillon » depuis ses prises de position sur Gaza. Elle affirme avoir été sanctionnée par les États-Unis sans procès, inscrite sur la liste des Specially Designated Nationals, un statut réservé généralement aux personnes accusées de terrorisme ou de trafic de drogue. Les conséquences pour elle sont lourdes : comptes bancaires bloqués, impossibilité d’utiliser des services financiers internationaux, dépendance à son entourage et, selon elle, saisie de son appartement à Washington. Sa famille est également touchée : ses enfants recevraient des menaces, et son mari, Massimiliano Cali, a dû quitter son poste à la Banque mondiale sous pression.

Malgré ces difficultés, Albanese reste déterminée : « Ma liberté est plus forte que ma peur », affirme-t-elle, consciente que continuer à dénoncer cette injustice est un choix imposé par la conviction et la résilience.

Affronter l’injustice internationale sans peur ni compromis

Ce combat pour la vérité et la justice n’est pas isolé. Il trouve un écho troublant au Mali, un pays qui lutte depuis des décennies contre le terrorisme, tentant par tous les moyens de maintenir la sécurité et les conditions de vie de sa population. Dans ces conditions, le Mali a dû investir dans sa force armée et développer une résilience face aux menaces internes et externes. Trop souvent, les puissances extérieures, pourtant détentrices de ressources et d’influence, ont choisi de détourner le regard ou de soutenir indirectement les groupes armés qui déstabilisent la région.

Cette situation dépasse la raison. Les djihadistes dans le Sahel, comme ailleurs, reçoivent parfois un financement indirect des grandes puissances, dont l’objectif est de maintenir une influence sur les pays du Sud, assurant leur domination économique et politique. Face à ces réalités, les institutions internationales telles que l’ONU, la Cour pénale internationale et autres apparaissent trop souvent comme des instruments défendant les plus puissants plutôt que les victimes. Combien de criminels de guerre occidentaux ont réellement été traduits en justice ? La réponse est cruellement révélatrice.

Tout comme Albanese, le Mali démontre que dénoncer les injustices ou s’opposer aux intérêts des puissances mondiales implique de grands sacrifices.

Ceux qui choisissent la vérité doivent veiller à leur sécurité et à celle de leurs proches, parfois au prix de lourdes conséquences personnelles. L’éveil et la conscience de ces enjeux sont les bases indispensables pour avancer dans un monde où courage et résilience sont les seules armes contre l’hypocrisie et la domination.

Manda CISSE

 

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