À l’ouverture de la session ordinaire d’octobre 2026 du Conseil national de Transition (CNT), lundi 5 octobre, le président de l’institution a placé les travaux sous le signe de la responsabilité, de la souveraineté et de la cohésion nationale. Principal enjeu de cette session de 75 jours : l’examen du projet de loi de finances 2027, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures et en électricité et la consolidation de la Confédération des États du Sahel (AES).
Le budget 2027 au cœur des travaux
Le président du CNT a appelé à faire du budget un véritable instrument au service des populations. Il a insisté sur la nécessité d’un budget équilibré et flexible, répondant aux besoins en matière d’éducation, de santé, d’eau, d’infrastructures, d’énergie et d’emploi, tout en finançant l’effort de défense.
Dans le cadre du budget-programme, les conseillers devront également évaluer les résultats attendus des dépenses publiques. Cette session s’inscrit dans la continuité du débat d’orientation budgétaire de juin sur la programmation 2027-2029 : « En juin, nous avons débattu du cap. En octobre, nous votons la route », a résumé le président du CNT.
Au-delà du budget, plus d’une trentaine de textes sont inscrits au programme. Plusieurs lois organiques concernant notamment la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Cour des comptes, le Conseil supérieur de la Magistrature et les langues nationales feront l’objet d’une seconde délibération.
Sécurité et approvisionnement
Le président du CNT a rendu hommage au général d’armée Sadio Camara, décédé lors des événements du 25 avril 2026, saluant son engagement pour le Mali et appelant à poursuivre les efforts dans l’unité et la résilience.
Il a également réaffirmé son soutien aux Forces de défense et de sécurité et aux forces unifiées de l’AES. Les investissements dans l’outil de défense, notamment au Bataillon autonome des Forces spéciales et à la Polyclinique des Armées, ont été salués.
Concernant les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures et en électricité, le président du CNT a évoqué une amélioration de la situation et rendu hommage aux transporteurs, aux populations et aux FAMa pour leur contribution au maintien des approvisionnements.
L’AES et le contrôle de l’action publique
Le développement de l’AES a occupé une place importante dans le discours. Le président du CNT est revenu sur la session inaugurale des parlements de la Confédération, tenue à Niamey du 24 au 29 août 2026, consacrée notamment à la sécurité, au renseignement, à la circulation des personnes et des biens et à la coopération parlementaire.
Il a appelé les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger à rester vigilantes face à la désinformation et aux tentatives de division.
Durant l’intersession, le CNT a également effectué plusieurs missions de contrôle, notamment dans les entrepôts maliens des ports de Dakar, d’Abidjan et de Lomé, ainsi que dans les secteurs agricole et pastoral.
Éducation, jeunesse et solidarité
L’éducation a été présentée comme une priorité nationale, avec un appel à favoriser la réouverture des écoles fermées pour raisons sécuritaires. Le président du CNT a également salué l’inauguration du Centre d’Intelligence artificielle et de Robotique du Mali (CIAR-Mali), appelant à former une jeunesse capable non seulement d’utiliser les nouvelles technologies, mais aussi de les créer.
La victoire des basketteuses maliennes U18 à l’Afrobasket féminin d’Abidjan a également été saluée comme une illustration du potentiel de la jeunesse malienne.
Sur le plan diplomatique, le président du CNT a plaidé pour une coopération parlementaire renforcée et une diplomatie fondée sur le respect mutuel et les intérêts nationaux, dans un contexte mondial marqué par la multipolarité.
Pour finir, il a appelé à l’unité nationale, à la solidarité et à la poursuite des efforts de souveraineté, en s’appuyant sur la devise du Mali : « Un Peuple, Un But, Une Foi ».
La session d’octobre 2026 s’annonce ainsi particulièrement dense, entre examen du budget 2027, réformes institutionnelles, contrôle de l’action gouvernementale et consolidation de la coopération parlementaire au sein de l’espace sahélien.


