Mali : l’or retrouve de l’élan au premier semestre 2026

Mali : L’or retrouve de l’élan au premier semestre 2026. © DR

Portée par des cours de l’or toujours élevés et une reprise de la production industrielle, la filière aurifère malienne affiche un net rebond. Avec 23,5 tonnes produites au premier semestre 2026, le pays dépasse ses prévisions à mi-année et se rapproche de son objectif annuel, alors que Bamako cherche parallèlement à accroître les retombées économiques de ce secteur stratégique.

Une production en hausse de 30 %

Le Mali a produit 23,5 tonnes d’or industriel au cours des six premiers mois de 2026, soit environ 30 % de plus qu’à la même période en 2025, selon les dernières données communiquées par le ministère des Mines. La performance dépasse les 21,2 tonnes attendues par le gouvernement à mi-année et place le pays au-dessus de la trajectoire nécessaire pour atteindre son objectif annuel de 43,2 tonnes.

Ce rebond marque un tournant après deux années de baisse. La production industrielle était tombée à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024 et 66,5 tonnes en 2023, année qui avait constitué un pic.

L’arrêt prolongé de Loulo-Gounkoto, dans le contexte du différend opposant l’État malien à Barrick Mining, avait notamment pesé sur les résultats de la filière et contribué au recul enregistré en 2025.

Bamako veut accroître les recettes tirées de l’or

Au-delà du redressement de la production, les autorités maliennes ont engagé depuis 2023 une politique visant à renforcer la part de l’État dans les revenus miniers. Bamako a notamment augmenté les redevances et sa participation dans plusieurs projets aurifères.

Un fonds spécial mis en place dans ce cadre a permis de récupérer 761 milliards de francs CFA d’arriérés, soit environ 760 millions d’euros. Le mécanisme doit également générer au moins 50 milliards de francs CFA supplémentaires par an grâce à une taxe appliquée au chiffre d’affaires des sociétés minières.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse donc la seule performance des mines. Il s’agit de transformer davantage les revenus de l’or en investissements susceptibles de soutenir le développement du pays.

Des recettes destinées aux infrastructures

Les sommes mobilisées doivent notamment contribuer au financement des infrastructures jugées prioritaires par les autorités : routes, chemins de fer, eau et électricité. Elles doivent également soutenir la compagnie aérienne nationale.

Avec 23,5 tonnes produites en six mois, le Mali dispose ainsi d’une marge encourageante pour atteindre, voire dépasser, son objectif de 43,2 tonnes sur l’ensemble de 2026. Reste toutefois à confirmer cette dynamique au second semestre, dans un secteur exposé aux fluctuations de la production minière, aux relations avec les opérateurs internationaux et à l’évolution du marché de l’or.

Auteur/Autrice

Également : , ,

Autres articles