Réuni en séance plénière, le Conseil national de Transition (CNT) a franchi une étape majeure dans la structuration institutionnelle de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Sous la présidence de Malick Diaw, les conseillers ont adopté à l’unanimité, jeudi 23 avril, quatre projets de loi de ratification, consacrant l’enracinement juridique de la Confédération dans ses domaines régaliens.
Les membres du CNT ont examiné quatre ordonnances prises par le gouvernement durant l’intersession. Leur ratification vient désormais renforcer le cadre légal de la Confédération des États du Sahel.
Adoptés à l’unanimité avec 127 voix pour, sans opposition ni abstention, ces textes traduisent une adhésion forte des représentants nationaux au projet d’intégration sahélienne. Ce vote massif témoigne d’une volonté politique affirmée de consolider les bases juridiques de l’AES.
Ces instruments juridiques trouvent leur origine dans les décisions prises le 23 décembre 2025 à Bamako, lors de la deuxième session ordinaire du Collège des Chefs d’État de l’AES. Ils définissent les modalités d’action de la Confédération autour de quatre axes stratégiques majeurs : la défense et la sécurité, l’action diplomatique, le développement économique et la mise en place de sessions confédérales des parlements.
Présent pour défendre ces projets, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a salué le « sens élevé de la responsabilité » du CNT. Il a souligné que ces protocoles constituent bien plus que des formalités administratives, les qualifiant d’outils essentiels à « la concrétisation des aspirations des populations ».
Le volet parlementaire a particulièrement retenu l’attention. Selon le chef de la diplomatie malienne, la création de sessions confédérales permettra d’impliquer directement les représentants des peuples dans la gouvernance de l’AES, en leur offrant un cadre d’expression et d’évaluation de l’action confédérale.
En amont, la Commission des lois constitutionnelles, dirigée par Souleymane Dé, a mené un examen approfondi des textes. Celui-ci a rappelé que ces ordonnances s’inscrivent dans le respect strict de la loi d’habilitation, garantissant la conformité de l’action gouvernementale durant l’intersession.
« C’est une jeune Confédération, et c’est en forgeant qu’on devient forgeron », a-t-il déclaré, reconnaissant le caractère évolutif du cadre institutionnel en construction. Pour le CNT, cette ratification remplit une double fonction : valider l’action de l’Exécutif tout en exerçant un contrôle parlementaire sur les engagements internationaux du Mali.
Avec ce quitus législatif, le gouvernement dispose désormais d’une base juridique solide pour accélérer la mise en œuvre des initiatives de l’AES. La tenue prochaine des premières sessions confédérales des parlements est attendue comme une étape clé, venant compléter les dispositifs diplomatiques et sécuritaires déjà opérationnels.
La plénière du 23 avril s’impose ainsi comme un moment charnière, où la volonté politique des chefs d’État a rencontré la légitimité de la représentation nationale, scellant les fondements d’un avenir commun pour l’espace AES.



