Face à la flambée des cours internationaux liée aux tensions entre l’Iran et le bloc États-Unis–Israël, le gouvernement malien a procédé à un ajustement des prix à la pompe, tout en consentant un effort budgétaire exceptionnel estimé à près de 3 milliards de Fcfa par mois afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs, selon un article du quotidien national, l’Essor.
Pour la circonstance, les autorités se veulent rassurantes et affirment avoir mis en place des stratégies visant à atténuer l’impact de cette hausse sur les ménages.
Le Président directeur général de l’Office malien des produits pétroliers (Omap), Diakaridia Dembélé, a tenté de calmer les inquiétudes. Dans une intervention diffusée sur la télévision nationale, il a expliqué que le monde traverse actuellement une crise énergétique majeure, en raison notamment des perturbations affectant le détroit d’Hormuz, principal corridor du pétrole mondial.
« Le gouvernement a pris la décision responsable d’ajuster les prix à la pompe afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement », a-t-il déclaré. Selon lui, sans l’intervention de l’État, le litre de carburant aurait largement dépassé les 1.000 Fcfa. Grâce à une réduction des taxes, les nouveaux plafonds sont désormais fixés à 875 Fcfa pour le supercarburant et 940 Fcfa pour le gasoil.
Le PDG de l’Omap a également insisté sur le caractère temporaire de cette mesure, précisant qu’une commission permanente est à pied d’œuvre pour réviser les prix à la baisse dès que la situation internationale s’améliorera. « Nous privilégions la stabilité sociale et l’approvisionnement du pays au prix d’importants sacrifices budgétaires », a-t-il souligné.
De son côté, l’économiste Modibo Mao Makalou dresse une analyse plus critique. Il estime que cette hausse risque d’accentuer l’inflation et d’impacter fortement les zones rurales, déjà fragilisées par l’augmentation des coûts des engrais et des intrants agricoles.
« L’effort budgétaire de 3 milliards Fcfa par mois est-il soutenable à moyen et long terme ? », s’interroge-t-il. Il appelle ainsi l’État à adopter une posture « stratège et proactive », à travers des mesures anticycliques telles que des subventions ciblées, des filets sociaux renforcés et des exonérations fiscales en faveur des populations les plus vulnérables.
À plus long terme, l’économiste plaide pour une réduction significative de la facture énergétique du pays (estimée à environ 1.200 milliards Fcfa en 2025) en misant sur le développement des énergies renouvelables et des transports propres.
De nombreux Maliens expriment leur frustration face à cette nouvelle hausse, tout en reconnaissant qu’elle s’inscrit dans un contexte de crise mondiale qui dépasse les frontières nationales.



