Présidant l’ouverture du Forum panafricain des médias (FOPAME), ce mercredi 3 juin à Bamako, le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, a appelé les acteurs africains des médias à renforcer la souveraineté informationnelle du continent face aux défis du numérique, de l’intelligence artificielle et de la guerre informationnelle.
Le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, a présidé ce mercredi 3 juin la cérémonie d’ouverture du Forum panafricain des médias (FOPAME), un espace de réflexion, d’échanges et de propositions consacré aux grands enjeux qui façonnent l’avenir de l’information en Afrique.
Initiée par la Maison de la Presse du Mali, cette rencontre de dimension continentale a réuni des représentants des médias publics et privés, des institutions concernées, des universitaires, des chercheurs, des experts, des décideurs ainsi que des professionnels de l’information venus de plusieurs pays africains.
Durant quatre jours, les participants prendront part à cinq panels et trois tables rondes consacrés aux défis de l’information, de la communication et de la souveraineté informationnelle dans un contexte mondial marqué par des mutations technologiques profondes et accélérées.
Dans leurs interventions respectives, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, le président de la Commission d’organisation, Salif Sanogo, ainsi que Martin Faye, intervenant principal de la conférence inaugurale, ont souligné la nécessité de bâtir une communication africaine plus intégrée et davantage ancrée dans les réalités du continent.
Les échanges ont mis en lumière l’impact des révolutions technologiques sur la production, la diffusion et la consommation de l’information. Le développement du numérique, des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour informer, éduquer et rapprocher les peuples africains, tout en facilitant l’accès au savoir. Toutefois, ces avancées s’accompagnent également de défis majeurs liés à la maîtrise des contenus, à la désinformation et à la préservation de l’indépendance informationnelle.
Abordant ces enjeux, le Premier ministre a posé une question fondamentale : « Qui parle de l’Afrique ? ». Selon lui, la souveraineté informationnelle repose avant tout sur la capacité des Africains à produire, analyser et diffuser eux-mêmes une information rigoureuse, équilibrée et fidèle à leurs réalités.
Le chef du gouvernement a particulièrement insisté sur la situation des pays du Sahel central, confrontés à des défis sécuritaires complexes. Il a rappelé que les conflits contemporains ne se limitent plus aux théâtres militaires, mais se déploient également dans les espaces médiatiques, numériques et informationnels.
Dans cette perspective, Abdoulaye Maïga a invité les acteurs des médias à contribuer à la déconstruction de certaines perceptions et narratifs qu’il juge erronés concernant le processus de Transition, les relations diplomatiques du Mali ainsi que la guerre informationnelle menée contre le pays.
À travers le FOPAME, les organisateurs ambitionnent de faire émerger des recommandations concrètes en faveur d’un écosystème médiatique africain plus résilient, plus indépendant et davantage capable de porter la voix du continent sur la scène internationale.



