En ce début d’année 2026, le Gabon traverse une période de forte contestation sociale, marquée par des manifestations sporadiques, des revendications syndicales et une mobilisation accrue sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte tendu, la Haute Autorité de la Communication (HAC) tire la sonnette d’alarme face à ce qu’elle qualifie de « propagation de fausses informations » et de diffusion de contenus « inappropriés et haineux », susceptibles, selon elle, de « mettre en péril l’unité nationale ».
Un climat social sous pression
Depuis plusieurs semaines, des mouvements d’humeur s’expriment dans différents secteurs de la société. Fonctionnaires, étudiants et acteurs de la société civile dénoncent tour à tour la cherté de la vie, les retards de paiement ou encore des réformes jugées insuffisamment concertées. Les réseaux sociaux sont devenus l’un des principaux canaux d’expression de ces revendications, mais aussi un terrain propice aux rumeurs et aux prises de position virulentes.
Des vidéos non vérifiées, des montages et des publications aux accents parfois communautaristes circulent massivement, alimentant tensions et incompréhensions. Certains messages appellent ouvertement à la mobilisation, tandis que d’autres relaient des informations dont l’authenticité demeure difficile à établir.
La HAC met en garde
Dans un communiqué rendu public cette semaine, la HAC exprime sa « profonde préoccupation » face à l’ampleur du phénomène. L’institution rappelle que la liberté d’expression, garantie par les textes en vigueur, ne saurait justifier « les discours de haine, les appels à la violence ou la diffusion délibérée de fausses nouvelles ».
Elle invite les professionnels des médias, les blogueurs et les utilisateurs des plateformes numériques à faire preuve de responsabilité et de discernement. « La cohésion nationale et la stabilité du pays doivent primer sur toute considération partisane », souligne le communiqué.
La HAC indique également qu’elle se réserve le droit de prendre des mesures à l’encontre des médias ou des acteurs numériques qui contreviendraient à la réglementation, notamment en matière de vérification de l’information et de respect de l’ordre public.
Entre régulation et liberté d’expression
Cette prise de position relance le débat sur l’équilibre délicat entre régulation de l’espace numérique et préservation des libertés fondamentales. Plusieurs acteurs de la société civile estiment que la lutte contre la désinformation est nécessaire, mais appellent à la transparence dans l’application d’éventuelles sanctions.
Des juristes rappellent, de leur côté, que toute restriction à la liberté d’expression doit être strictement encadrée par la loi et proportionnée aux risques encourus.
Un enjeu pour la cohésion nationale
Dans un pays où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, la question de la fiabilité de l’information devient centrale. À l’heure où les tensions sociales demeurent vives, les autorités comme les citoyens sont confrontés à un défi majeur : préserver l’unité nationale tout en garantissant un espace d’expression pluraliste et responsable.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour mesurer l’impact des mises en garde de la HAC et l’évolution du climat social au Gabon.


