Un nouveau cadre de coopération entre la Banque mondiale et quatre pays du Sahel, dont ceux de l’AES

Un nouveau cadre de coopération entre la Banque mondiale et quatre pays du Sahel, dont ceux de l’AES. © DR

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé l’adoption de nouveaux Cadres de partenariat pays (CPF) pour la période 2026-2031 avec quatre États du Sahel central : le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Cette initiative vise à soutenir la transformation économique de la région en mettant l’accent sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant les bases du développement durable.

Ces nouveaux cadres stratégiques s’articulent autour du renforcement du capital humain, de l’amélioration des infrastructures et de l’accroissement de la productivité agricole. Ils s’inscrivent également dans une logique d’appui aux réformes structurelles et de promotion du secteur privé, considéré comme un moteur essentiel de croissance. Fondés sur la stratégie relative à la fragilité, aux conflits et à la violence (FCV), les CPF adoptent une approche flexible, adaptée aux réalités de chaque pays, tout en répondant aux défis communs du Sahel.

Ce partenariat inédit repose sur une approche intégrée dite « Un seul Groupe de la Banque mondiale », mobilisant les expertises complémentaires de l’Association internationale de développement (IDA), de la Société financière internationale (IFC) et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). L’objectif est notamment de faciliter l’accès au financement pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), de renforcer les chaînes d’approvisionnement et de favoriser la création d’emplois de qualité.

« Les CPF placeront les populations au cœur de l’action, appuieront les leviers indispensables à l’accélération de la croissance et du progrès, et renforceront l’intégration transfrontalière », a déclaré Clara de Sousa, directrice de division pour ces quatre pays. Elle souligne également que ces cadres soutiendront des secteurs à fort potentiel d’emplois, ainsi que des projets régionaux à fort impact, notamment dans la santé, l’énergie et l’agriculture.

Les CPF sont alignés sur les priorités nationales de développement, notamment la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) au Mali, le Plan national de développement (PND) au Burkina Faso, le Programme de refondation de la République au Niger et le plan Tchad Connexion 2030. Tous mettent l’accent sur la gouvernance, la diversification économique et une croissance inclusive portée par le secteur privé.

Pour Olivier Buyoya, directeur de division de l’IFC pour l’Afrique de l’Ouest, « un secteur privé fort et innovant est primordial pour attirer l’investissement, accroître la productivité et créer des emplois ». Il insiste sur la nécessité de développer un écosystème dynamique de PME, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agro-industrie.

Dans un contexte régional marqué par l’insécurité, l’enclavement et des défis persistants en matière de gouvernance, la MIGA entend également jouer un rôle déterminant. Selon Muhamet Bamba Fall, directeur Industries de l’institution, celle-ci s’appuiera sur les interventions de l’IDA et de l’IFC pour stimuler les investissements et soutenir durablement les flux financiers en faveur des MPME.

À travers ces nouveaux cadres de partenariat, le Groupe de la Banque mondiale ambitionne ainsi de contribuer à l’émergence d’un Sahel plus stable, intégré et prospère, offrant de réelles perspectives économiques aux millions de jeunes de la région.

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