Relations Mali – Algérie : l’ancien Premier ministre Choguel Maïga appelle à la retenue et au dialogue dans une lettre ouverte au président Tebboune

Relations Mali - Algérie : l’ancien Premier ministre Choguel Maïga appelle à la retenue et au dialogue dans une lettre ouverte au président Tebboune. © Primature du Mali

L’ancien Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, de sa cellule de la prison de Koulikoro, a adressé une lettre ouverte au président algérien, Abdelmadjid Tebboune, dans laquelle il appelle à l’apaisement, à la retenue diplomatique et au retour à des relations fraternelles entre le Mali et l’Algérie.

Dans ce message solennel, rendu public à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté retrouvée (JNSR) du Mali, l’ancien chef du gouvernement exprime sa « profonde préoccupation » face à la dégradation récente du climat diplomatique entre les deux pays, marquée selon lui par des discours inappropriés, des accusations réciproques et des tensions verbales sur la scène internationale.

Choguel Maïga évoque notamment les interventions des représentants maliens et algériens lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, qu’il juge préjudiciables aux relations historiques entre les deux États. Il fait également référence à des déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, ainsi qu’à une intervention de l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis, Sabri Boudouma, qui, selon lui, ont alimenté incompréhensions et inquiétudes quant à la perception de la situation au nord du Mali.

Se présentant comme un citoyen attaché à l’unité du Mali, à sa souveraineté et à l’amitié séculaire entre Bamako et Alger, Choguel Maïga rappelle que les peuples malien et algérien sont liés par l’histoire, la géographie et des liens de sang. Il insiste sur la nécessité pour les dirigeants des deux pays de préserver ces acquis, quelles que soient les divergences politiques conjoncturelles.

Dans sa lettre, l’ancien Premier ministre plaide pour une « patience stratégique » et un sens élevé de la responsabilité dans la gestion des relations bilatérales. Il estime que les différends actuels peuvent être dépassés à travers une relecture honnête de l’histoire commune et un dialogue fondé sur le respect mutuel et la sincérité.

Choguel Maïga annonce également avoir joint à sa lettre un mémorandum destiné à éclairer les autorités algériennes sur certains aspects historiques et politiques des relations entre les deux pays. Il précise que ses réflexions s’appuient sur plusieurs de ses ouvrages et tribunes publiés depuis 1990, consacrés notamment aux rébellions au nord du Mali, à la crise de l’État malien et à la résistance des populations face à la colonisation.

Concluant son message par un appel à la concorde entre les peuples algérien et malien, l’ancien Premier ministre affirme n’être animé que par le souci du retour de la sérénité, de l’entente et de la compréhension mutuelle dans une région sahélienne confrontée à de multiples défis sécuritaires et politiques.

 

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