Nick Checker, haut responsable du bureau des Affaires africaines au département d’État américain a effectué, en fin de semaine, une visite au Niger, après des étapes au Burkina Faso et au Mali. Cette tournée régionale traduit une volonté affichée de Washington de renouer le dialogue et la coopération avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel, qui s’étaient éloignés de plusieurs partenaires occidentaux ces dernières années.
Entre 2020 et 2023, ces trois pays ont connu des changements politiques, entraînant une rupture progressive avec certains alliés traditionnels. En réaction, les États-Unis avaient suspendu une grande partie de leur aide au développement ainsi que leur coopération militaire. Le Niger était allé plus loin en obtenant, en septembre 2024, le retrait des forces américaines engagées dans la lutte antijihadiste sur son territoire.
Cependant, depuis le retour à la Maison Blanche du président Donald Trump début 2025, une inflexion stratégique semble se dessiner. Washington met désormais l’accent sur une approche pragmatique, axée notamment sur la diplomatie économique et commerciale pour réengager le continent africain.
Vendredi 13 mars, Nick Checker a été reçu à Niamey par le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, ainsi que par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine. Selon un communiqué officiel, l’émissaire américain est venu présenter « la nouvelle vision » de son pays, centrée sur le renforcement des relations bilatérales avec le Niger.
Avant cette étape nigérienne, le diplomate américain s’était rendu au Mali début février, puis au Burkina Faso dans la semaine, avec un objectif similaire : relancer les liens diplomatiques et explorer de nouvelles formes de coopération.
Ces trois États sont aujourd’hui regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel, une confédération qui revendique une ligne souverainiste et critique vis-à-vis de l’influence occidentale.
La reprise du dialogue entre Washington et les pays de l’AES pourrait marquer un tournant stratégique au Sahel, où les équilibres géopolitiques restent en pleine recomposition.



