Mali : près de 6 370 milliards de FCFA d’emprunts prévus d’ici à 2029

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou. © MEF

Le Mali prévoit une hausse progressive de ses besoins de financement par emprunt au cours des trois prochaines années. Sa nouvelle stratégie privilégie le marché régional, tout en cherchant à allonger les maturités des emprunts et à maintenir le recours aux financements concessionnels.

Les besoins d’emprunt de l’État malien sont projetés à 1 858,5 milliards de FCFA en 2027, puis à 2 044,1 milliards en 2028 et à 2 467,2 milliards en 2029, selon la Stratégie d’endettement public à moyen terme 2027-2029, élaborée par le ministère de l’Économie et des Finances.

Sur l’ensemble de la période, les besoins cumulés atteindraient près de 6 370 milliards de FCFA, soit environ 9,7 milliards d’euros.

Cette stratégie vise à couvrir les besoins de financement de l’État à moindre coût, tout en limitant les risques liés à la dette et en préservant la soutenabilité de celle-ci, selon les autorités.

À fin 2026, l’encours de la dette publique est projeté à 7 447 milliards de FCFA, soit 38,8 % du produit intérieur brut (PIB). Ce ratio reste inférieur au plafond communautaire de 70 % fixé au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui regroupe huit pays utilisant le franc CFA ouest-africain.

La dette intérieure représenterait 4 372,4 milliards de FCFA, soit 58,7 % de l’encours total, contre 3 074,8 milliards de FCFA pour la dette extérieure, soit 41,3 %.

Financement

Le coût moyen du portefeuille de la dette publique est estimé à 3,7 %, tandis que celui de la dette intérieure atteint environ 5,7 %. La dette extérieure présente, quant à elle, un taux de concessionnalité estimé à 80,9 %.

Pour limiter les risques de refinancement, Bamako prévoit notamment d’allonger les maturités des emprunts sur le marché régional, en privilégiant davantage les titres d’une durée supérieure à cinq ans. La stratégie prévoit également un recours accru aux financements extérieurs concessionnels et semi-concessionnels, notamment auprès des institutions multilatérales.

Les besoins d’emprunt prévus pour 2027 sont en baisse de 7,4 % par rapport aux quelque 2 006 milliards de FCFA estimés pour 2026. Cette diminution s’expliquerait notamment par le recul des amortissements attendus sur la dette de marché, après un recours moins important aux bons du Trésor à courte maturité.

Le marché intérieur devrait rester la principale source de financement. Selon la stratégie, il couvrirait environ 95,2 % des nouveaux besoins en 2027, contre 4,8 % pour les financements extérieurs. La part de ces derniers devrait ensuite progresser pour atteindre 12 % en 2029.

Pour les ressources extérieures, les autorités prévoient également de privilégier les prêts hautement concessionnels et concessionnels proposés notamment par l’Association internationale de développement (IDA), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

Parallèlement au recours à l’emprunt, le gouvernement entend renforcer la mobilisation des ressources intérieures. Pour 2027, la stratégie retient notamment un objectif de pression fiscale de 15,8 %, dans le cadre du financement des dépenses publiques et de la maîtrise des besoins d’emprunt.

Avec Apanews

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