La société civile exprime une vive inquiétude après l’adoption en Conseil des ministres, le 4 mars dernier, d’un projet de nouvelle taxe visant les organisations associatives. Dans un communiqué conjoint diffusé ce week-end, plusieurs faîtières du secteur alertent sur les conséquences potentiellement graves de cette mesure.
Au cœur des préoccupations : un prélèvement de 10 % sur les ressources des projets associatifs, destiné à financer des activités de suivi et de contrôle. Si les autorités présentent cette taxe comme un mécanisme de régulation et de transparence, les ONG y voient plutôt une menace directe pour leur capacité d’action.
Selon les signataires du communiqué (CNSC, FOSC, FONGIM, PONAH, CNOP et la CAFO), une telle ponction risque de réduire significativement les moyens déjà limités dont disposent les associations pour mener leurs activités, notamment dans les domaines humanitaire, social et du développement. « Cette mesure pourrait affaiblir durablement notre efficacité sur le terrain », préviennent-elles.
Plus préoccupant encore, les organisations redoutent une réaction négative des partenaires techniques et financiers internationaux. Ces derniers pourraient être dissuadés de maintenir leurs engagements, voire décider de se retirer, face à une fiscalité jugée contraignante. Une telle éventualité aurait, selon les ONG, des répercussions immédiates sur les populations bénéficiaires, notamment les plus vulnérables.
Dans un contexte déjà marqué par de multiples défis économiques et sécuritaires, les associations appellent les autorités à reconsidérer cette mesure et à ouvrir un dialogue inclusif. Elles plaident pour des solutions concertées, permettant de garantir à la fois la transparence dans la gestion des ressources et la continuité des actions de terrain.



