Mali : le gouvernement dissout le mouvement d’opposition, ‘’l’Appel du 20 février pour Sauver le Mali’

Le ministre de l’administration territoriale, le colonel Abdoulaye Maïga. © Min. des affaires étrangères

Le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation a annoncé hier mercredi 17 avril en conseil des ministres, la dissolution de l’association ‘’coordination des organisations de l’Appel du 20 février 2023 pour sauver le Mali’’. Le mouvement d’opposants dirigé par le magistrat radié, Mohamed Cherif Koné est accusé ‘’d’agissements ostentatoires de nature à troubler l’ordre public, à porter atteinte à la souveraineté de l’Etat et à l’unité nationale’’.

La liste des associations, mouvements et organisations dissous n’en finit plus de s’élargir. Les autorités viennent d’annoncer la dissolution de l’association ‘’coordination des organisations de l’Appel du 20 février 2023 pour sauver le Mali’’, une coalition de mouvement composée d’acteurs politiques et de la société civile. Pour le communiqué du conseil des ministres qui a annoncé sa dissolution, l’Appel du 20 février pour Sauver le Mali dont le coordinateur général est Mohamed Chérif Koné, magistrat, ancien premier avocat de la cour suprême, ‘’s’illustre en permanence par des agissements ostentatoires de nature à troubler l’ordre publique, à porter atteinte à la souveraineté de l’Etat et à l’unité nationale’’.

Le communiqué note aussi que le mouvement ne s’est pas conformée à la règle qui régit les associations, ‘’ces différents textes précisent la vocation des partis politiques et des associations mais imposent également des limites qu’ils ne doivent pas franchir, notamment l’interdiction faite aux partis politiques de former des regroupements sous la forme d’association et aux associations d’adopter des agissements contraires aux principes de souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire national, de l’unité nationale et de la laïcité de l’Etat’’.

Le ministre de l’administration territoriale justifie donc cette dissolution par la disposition de la loi du 18 août 2005 portant charte des partis politiques et par la Loi du 05 août 2004, modifiée, relative aux associations.

’Restriction de la liberté de l’association’’

Cette décision vient s’ajouter à une série de dissolutions enclenchées depuis un certain temps par les autorités de la transition. Face à ces décisions, des observateurs craignent une  ‘’restriction de la liberté d’associations’’, notamment.

Pour mémoire, le 6 mars dernier, les autorités maliennes ont annoncé la dissolution de la coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l’imam Mahmoud Dicko, accusé de ‘’déstabilisation et de menace pour la sécurité publique’’. Le mouvement avait toujours invité les autorités à ‘’instaurer’’ l’ordre constitutionnel.

Le 13 mars, dernier le gouvernement a annoncé la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) pour troubles au sein de l’espace scolaire et universitaire et des perturbations des cours, des assassinats, des meurtres et des destructions de biens publics et privés par des manifestations violentes de rue et des ports illégaux d’armes’’.

Bien avant, le 20 décembre passé, le gouvernement a procédé à la dissolution de la plateforme dénommée, Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, ‘’Observatoire’’, pour trouble à l’ordre public. La plateforme avait invité quelques jours auparavant le gouvernement à communiquer sur la date de l’élection président, devant consacrer le retour à l’ordre constitutionnel.

Ceux-ci s’ajoutent, la dissolution de l’association Kaoural Renouveau internationale et la suspension des activités politiques.

Adama Tembely/ ©️ Malikonews.com 

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