Mali : le gouvernement accélère l’assainissement du secteur minier au nom de la souveraineté et de la transparence

Mali : le gouvernement accélère l’assainissement du secteur minier au nom de la souveraineté et de la transparence. © Cigma

Le Mali renforce la gouvernance de son secteur minier à travers des réformes visant à consolider la souveraineté nationale, améliorer la transparence et accroître les retombées économiques et sociales des ressources naturelles. Lors de son premier point de presse consacré aux mines, le ministre a présenté les mesures engagées, les résultats de production et les perspectives pour l’or et le lithium.

Le nouveau Code minier et la loi sur le contenu local constituent les principaux leviers de cette stratégie. Un audit des sociétés minières a notamment permis de recouvrer 761 milliards de francs CFA d’arriérés.

Des permis mieux encadrés

L’assainissement du cadastre minier a conduit, en octobre 2025, à l’annulation de plus de 90 permis de recherche pour non-conformité documentaire, ainsi que de trois permis d’exploitation pour manquements aux obligations légales. Les superficies libérées doivent être réattribuées à des opérateurs capables de les valoriser dans des conditions transparentes.

Entre août et septembre 2026, le Conseil des ministres a autorisé le renouvellement de 24 permis de recherche d’or et de lithium. Le renouvellement du permis de Loulo pour dix ans et l’octroi du permis de Fekola Regional illustrent également la volonté des autorités de concilier contrôle public et investissements conformes à la législation. Présentée en avril 2026, la numérisation du cadastre recense plus de 631 titres miniers.

L’or et le lithium soutiennent les recettes

En 2025, la production industrielle d’or a reculé de 22,9 %, passant de 54,8 à 42,2 tonnes, notamment en raison de la baisse de production de Loulo-Gounkoto. Toutefois, les exportations ont atteint 2 750 milliards de francs CFA et les recettes versées à l’État, 940 milliards.

Au premier semestre 2026, la production industrielle a progressé de plus de 30 % sur un an, atteignant 23,5 tonnes. L’objectif annuel est fixé à 43,2 tonnes.

Le lithium contribue aussi à la diversification minière grâce aux projets de Goulamina et de Bougouni. Ce dernier a produit 53 195 tonnes de concentré de spodumène entre janvier et juin 2026. La capacité de production des deux projets devrait atteindre environ 590 000 tonnes de concentré en 2026.

Les retombées bénéficient également aux collectivités. Le Fonds minier de développement local a dépassé 18,4 milliards de francs CFA en 2025, tandis que le fonds dédié aux infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a mobilisé 109,14 milliards entre janvier 2025 et juin 2026.

Renforcer la lutte contre l’exploitation illégale

Face aux risques humains, environnementaux et financiers liés à l’exploitation clandestine, le Mali a créé une Brigade spéciale des Mines, dotée d’une compétence nationale et de pouvoirs de police judiciaire. Elle est chargée de constater les infractions, de mener les investigations relevant de ses attributions et de contribuer à la sécurisation des sites miniers.

Le gouvernement entend associer sanctions et formalisation des activités. Les exploitants sont invités à se conformer aux dispositions légales, notamment en adoptant le régime minier approprié à leurs activités.

Des investissements sous condition de conformité

L’État souhaite maintenir un cadre favorable aux investisseurs respectueux de la législation. La Société de patrimoine minier du Mali (SOPAMIM), entièrement détenue par l’État, doit centraliser la gestion des participations publiques et renforcer les intérêts nationaux dans les projets. Le Commissariat chargé des Activités minières contribue à la coordination et au suivi de la politique minière.

De nouveaux projets sont annoncés, notamment à Fekola Regional et à Kobada. Les autorités préparent également la création d’une École des Mines et du Pétrole et d’une Agence pour la recherche et le développement des ressources minérales.

Le ministère prévoit enfin un point de presse trimestriel pour rendre compte des productions, des recettes et de la gestion des titres miniers. Le prochain bilan, consacré à l’année 2026, est envisagé en janvier 2027.

À travers ces mesures, le Mali entend renforcer le contrôle de ses ressources minières, accroître les bénéfices pour les populations et garantir un partenariat équilibré avec les investisseurs, dans le respect des lois, de l’environnement et des communautés.

 

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