La direction du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 18 mars, la seconde et dernière revue du programme de référence du Mali, marquant une étape importante dans les efforts du pays pour stabiliser son économie et renforcer la gestion de ses finances publiques.
Adopté en mars 2025, ce programme visait à assurer la viabilité budgétaire, améliorer la gouvernance financière et protéger les populations les plus vulnérables. Selon l’institution financière internationale, les autorités maliennes ont globalement respecté leurs engagements, avec des résultats jugés satisfaisants, voire supérieurs aux attentes dans certains domaines.
Une économie en phase de redressement
Après une fin d’année 2025 marquée par des difficultés, l’économie malienne montre des signes encourageants de reprise. Les perturbations enregistrées, notamment la baisse de la production aurifère et les tensions dans l’approvisionnement en carburant dues à des attaques terroristes, avaient freiné l’activité économique.
Cependant, l’amélioration progressive de la situation sécuritaire et la reprise de la production d’or contribuent aujourd’hui à un redressement. Les perspectives pour 2026 apparaissent favorables, soutenues par le rétablissement des circuits d’approvisionnement, le remboursement des arriérés intérieurs et la résolution en cours de certains différends dans le secteur minier. L’inflation, quant à elle, reste maîtrisée sous la barre des 3 %.
Des réformes mises en œuvre avec rigueur
Le FMI souligne la robustesse de la mise en œuvre du programme. Tous les objectifs quantitatifs et indicatifs ont été atteints, notamment en matière de mobilisation des recettes fiscales, de réduction des arriérés et de maîtrise du déficit budgétaire.
Les autorités ont également respecté l’ensemble des repères structurels, avec des avancées notables telles que la digitalisation des recettes fiscales, l’interconnexion des services fiscaux et l’élaboration d’un plan d’action pour le recensement des comptes publics.
Dans un souci de transparence, le gouvernement a publié un rapport détaillé sur l’utilisation des ressources issues de la facilité de crédit rapide accordée en avril 2025, incluant des informations sur les procédures de passation des marchés et les bénéficiaires effectifs.
Vigilance budgétaire dans un contexte favorable
Malgré ces progrès, le FMI appelle à une gestion prudente des finances publiques, notamment dans un contexte de hausse des prix des matières premières comme l’or et le lithium, susceptibles de générer des recettes exceptionnelles.
Le budget 2026 prévoit un déficit conforme à la norme de 3 % du PIB fixée par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette orientation repose sur une mobilisation accrue des recettes intérieures et une maîtrise des dépenses.
L’institution recommande d’éviter les politiques procycliques, en s’appuyant sur un cadre budgétaire fondé sur les ressources non minières, afin de préserver la stabilité économique à long terme.
Des défis persistants malgré les progrès
Le FMI insiste sur la nécessité de maintenir une politique budgétaire prudente, dans un contexte marqué par un coût élevé de l’endettement et des besoins importants en matière de sécurité et de développement.
Parmi les priorités figurent l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement des administrations fiscales et douanières, l’amélioration de la gestion des finances publiques et la réduction des risques liés aux entreprises publiques.
Un partenariat renforcé avec le FMI
Les services du FMI ont salué l’engagement des autorités maliennes et les résultats obtenus, soulignant que le programme de référence a permis de renforcer le dialogue politique et les capacités institutionnelles du pays.
L’institution a également réaffirmé sa volonté de poursuivre sa collaboration avec le Mali afin d’accompagner la mise en œuvre des réformes et de répondre aux défis économiques à venir, dans un contexte en constante évolution.


