Le terrorisme ne se limite pas à la destruction matérielle ou à la perte de vies humaines. Il s’inscrit dans une stratégie plus profonde, plus insidieuse, celle de la peur. Une peur durable, diffuse, qui vise à modifier les comportements, à fragiliser les sociétés et, à terme, à restreindre ce qui fonde notre liberté et notre libre arbitre.
Derrière chaque attaque, l’objectif est identique. Il ne s’agit pas seulement de frapper, mais d’imposer une lecture du monde fondée sur la contrainte, la soumission et l’obscurantisme. Le terrorisme cherche à affaiblir les États en agissant sur les esprits, en installant le doute et en érodant la confiance collective.
À cet égard, le Mali apparaît comme l’un des théâtres les plus révélateurs de cette confrontation asymétrique. Depuis plusieurs années, le pays fait face à une menace terroriste persistante, qui évolue dans un environnement sécuritaire particulièrement complexe
Pourtant, dans cette épreuve prolongée, les Forces armées maliennes ont connu une évolution significative. Progressivement, elles ont renforcé leurs capacités opérationnelles, consolidé leur présence sur le terrain et intensifié leurs actions contre les groupes armés terroristes.
Cette montée en puissance s’inscrit dans un effort national soutenu, malgré des moyens limités et des conditions d’intervention souvent difficiles. Elle traduit une volonté claire, celle de reprendre l’initiative sécuritaire et d’affirmer la souveraineté de l’État face à des menaces diffuses et mobiles.
Mais au-delà des aspects militaires, la situation malienne illustre une réalité plus large : la lutte contre le terrorisme ne se joue pas uniquement sur le terrain des armes. Elle se joue aussi dans la capacité des sociétés à résister à la peur, à préserver leur cohésion et à refuser toute forme de basculement vers l’obscurantisme.
Le terrorisme prospère là où la peur s’installe durablement. Là où les sociétés doutent de leur propre légitimité. Là où la violence cherche à devenir un langage politique.
C’est précisément ce glissement qu’il faut empêcher.
Car céder à la peur, c’est déjà accorder une victoire à ceux qui l’instrumentalisent. C’est accepter que notre liberté de penser, de décider et de vivre soit progressivement contrainte.
La réponse ne peut donc être uniquement sécuritaire. Elle doit être globale, structurée, et s’inscrire dans la durée. Elle repose sur la résilience des institutions, la détermination des forces engagées, et la cohésion des populations.
Le Mali, dans sa lutte, rappelle que ce combat est exigeant, parfois incertain, mais jamais vain. Il montre aussi que face à la violence terroriste, il existe une constante au Mali : la volonté de résister.
Car au-delà des attaques, des pertes et des épreuves, c’est bien une idée qui est en jeu, celle de la liberté face à la peur.
Et cette idée, aucune violence ne peut durablement la faire taire.
Manda CISSE


