Mali : bras de fer autour des élections professionnelles, l’UNTM s’insurge, le gouvernement suspend sa circulaire

Le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Fassoun Coulibaly. © Présidence du Mali

Une vive tension est apparue entre le gouvernement et l’Union nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) à propos de l’organisation des élections professionnelles de représentativité syndicale.

Dans une lettre circulaire datée du 1er avril 2026, le Bureau exécutif de l’UNTM a exprimé sa « vive consternation » face à l’initiative du ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social visant à mettre en place des commissions électorales régionales et locales sans l’implication préalable de la centrale syndicale.

L’UNTM dénonce une démarche unilatérale alors que, selon elle, des discussions étaient toujours en cours dans un cadre formel. En réaction, l’organisation a décidé d’interdire strictement à tous ses représentants, à tous les niveaux, de participer à toute activité liée au processus électoral, sauf autorisation expresse du Bureau exécutif. Elle prévient également que tout manquement à cette consigne exposera les contrevenants à des sanctions disciplinaires.

Les secrétaires généraux des unions régionales et locales ont été appelés à veiller personnellement à l’application stricte de cette décision, dans un contexte où la centrale insiste sur la « discipline syndicale » et la vigilance.

Face à cette montée de tension, le gouvernement a rapidement réagi. Dans une correspondance officielle datée du 2 avril 2026, le ministre du Travail, Fassoun Coulibaly, a annoncé la suspension de l’application de la circulaire du 23 mars 2026 relative à la mise en place des commissions électorales.

Le ministre justifie cette décision par la nécessité d’approfondir les concertations avec les acteurs concernés, certains ayant exprimé le souhait de poursuivre les discussions avant toute mise en œuvre. L’objectif affiché est d’aboutir à une élection professionnelle « inclusive et apaisée ».
En attendant une nouvelle date qui sera ultérieurement communiquée, les autorités demandent de surseoir à toute application de la circulaire contestée.

Cette séquence met en lumière les défis liés à l’organisation des élections professionnelles au Mali, dans un climat où le dialogue social reste un enjeu crucial. La suspension décidée par le gouvernement pourrait ouvrir la voie à une reprise des négociations entre les parties prenantes, avec l’espoir d’éviter une crise sociale plus profonde.

 

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