Mali : Adoption d’un stock national de sécurité pour les produits pétroliers

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini Sanou. © Présidence du Mali

Le conseil des ministres du mercredi 1er avril a adopté, sur le rapport du ministre de l’Économie et des Finances, des projets de texte relatifs à l’institution d’un stock national de sécurité de produits pétroliers liquides et gazeux. Cette décision marque une étape importante dans la stratégie de renforcement de la sécurité énergétique du pays.

Fortement dépendant des importations pour couvrir les besoins des ménages et assurer le fonctionnement des secteurs clés tels que l’électricité, les transports, les télécommunications, les mines, l’industrie ainsi que la sécurité et la défense, le pays fait face à une vulnérabilité structurelle face aux fluctuations des marchés internationaux.

Les chiffres illustrent cette dépendance croissante. En 2024, les importations de produits pétroliers ont atteint 2 665 106 m³ contre 2 621 513 m³ en 2023, soit une hausse de 1,66 %. Le gaz butane a connu une progression encore plus marquée, passant de 13 847 tonnes en 2023 à 15 838 tonnes en 2024, soit une augmentation de 14,38 %.

Dans un contexte marqué par des crises répétées tant au niveau sous-régional qu’international, le gouvernement a dû intervenir à plusieurs reprises pour éviter des ruptures d’approvisionnement et contenir la hausse des prix à la pompe. Ces interventions se sont traduites par d’importants efforts budgétaires, notamment à travers des subventions et des renoncements à des recettes fiscales.

Face à ces défis, les autorités ont décidé de réformer en profondeur le système d’approvisionnement en produits pétroliers. L’objectif est de mieux anticiper les chocs externes, d’assurer la continuité des services essentiels et de protéger l’économie nationale contre les fluctuations conjoncturelles des prix et les perturbations logistiques.

Les textes adoptés prévoient ainsi la constitution d’un stock national de sécurité couvrant 45 jours de consommation pour les principaux produits, notamment le super carburant, le gasoil, le jet A1 et le gaz butane. Ils définissent également les modalités pratiques de mise en œuvre de ce dispositif stratégique.

À travers cette réforme, le gouvernement entend renforcer durablement la résilience énergétique du pays et garantir un approvisionnement stable en produits pétroliers, indispensables au bon fonctionnement de l’économie et à la vie quotidienne des populations.

 

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