Mali : 254 ex-combattants rejoignent les FAMa

Mali : 254 ex-combattants rejoignent les FAMa. © Dirpa

Le Mali a franchi une nouvelle étape de son processus de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Intégration (DDR-I) avec l’incorporation de 254 anciens combattants dans les Forces armées maliennes (FAMa), dans un contexte de reconstruction de l’appareil sécuritaire après la fin de l’Accord d’Alger.

La nouvelle promotion de 254 anciens combattants incorporés dans les FAMa est constituée de 87 anciens membres de Dan Na Ambassagou, de 30 chasseurs traditionnels Dossos et de 137 recrues issues de mouvements peuls. Originaires principalement des régions de Ségou, Mopti et Bandiagara, ces nouveaux soldats ont été admis avec le grade de soldat de deuxième classe.

Moussa Traoré s’est distingué comme major de la promotion. Lors de la cérémonie de fin de formation, le directeur du centre, le lieutenant-colonel Yacouba Keïta, a exhorté les recrues à servir l’État avec discipline, loyauté et professionnalisme.

Cette incorporation représente 12,7 % de l’objectif fixé par les autorités, qui prévoient d’intégrer 2 000 ex-combattants dans les forces de défense dans le cadre de cette phase du processus DDR-I. Le programme comprend également un volet de réinsertion socio-économique destiné à 1 000 autres bénéficiaires, notamment d’anciens membres du Mécanisme opérationnel de coordination devenus inaptes au service militaire.

Lancé officiellement le 11 février 2025 dans le prolongement des recommandations du Dialogue inter-Maliens, le DDR-I constitue le premier programme de désarmement et d’intégration entièrement conduit par les institutions maliennes depuis le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et la dénonciation par Bamako de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger.

Ce programme repose sur une nouvelle architecture institutionnelle mise en place par les décrets du 4 juin 2024. La Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion est chargée du désarmement et de la réinsertion des ex-combattants, tandis que la Commission nationale d’intégration supervise leur admission dans les institutions publiques.

L’intégration, au sein d’une même promotion, d’anciens membres de groupes armés dogons, de chasseurs traditionnels et de mouvements peuls illustre la volonté des autorités de favoriser une recomposition des forces de sécurité dans le centre du pays, où les violences communautaires et les attaques jihadistes ont profondément déstabilisé les populations.

Des organisations de défense des droits humains rappellent toutefois que plusieurs acteurs armés, y compris certaines milices communautaires, des groupes jihadistes ainsi que des forces de sécurité, ont été accusés de graves violations ces dernières années. Elles soulignent l’importance d’un contrôle rigoureux des antécédents des candidats afin que le processus d’intégration ne compromette pas d’éventuelles procédures judiciaires.

Les autorités maliennes n’ont pas communiqué les résultats des vérifications effectuées sur les 254 recrues, ni précisé le nombre d’armes remises, leurs futures affectations ou le calendrier d’intégration des 1 746 autres combattants attendus. Aucun budget consolidé du programme ni financement spécifique lié à cette promotion n’a également été rendu public.

Cette première vague d’incorporation marque néanmoins une étape importante dans la mise en œuvre du DDR-I, dont le succès dépendra de la poursuite du désarmement, de la transparence du processus de sélection et de l’accompagnement des anciens combattants, tant au sein des forces armées que dans les dispositifs de réinsertion civile.

Apanews

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