L’esclavage, crime absolu : l’Organisation des Nations unies face à l’évidence

L’esclavage, crime absolu : l’Organisation des Nations unies face à l’évidence. © UN

Il aura fallu des siècles de souffrance, de silence et de déni pour que l’Organisation des Nations unies reconnaisse enfin l’évidence : l’esclavage transatlantique constitue la plus grande injustice de l’histoire de l’humanité. Qu’on le dise une fois pour toutes, il n’y a aucun débat sur ce sujet et Il n’y en aura jamais.

La traite des Noirs ne supporte ni relativisation ni comparaison. Par son ampleur, sa durée, sa systématisation et les séquelles profondes qu’elle a laissées, encore visibles aujourd’hui, elle dépasse l’entendement.

À ceux qui affirment qu’il n’existe pas de hiérarchie dans la cruauté humaine, il faut répondre sans détour que si, elle existe. Et l’histoire du peuple noir en est une démonstration tragique. Déshumanisation, exploitation, violences physiques et psychologiques, déportation, déracinement, effacement culturel : toutes les formes de brutalité et de barbarie ont été infligées au peuple noir, sur plusieurs siècles, dans une continuité glaçante dont les échos persistent encore aujourd’hui.

Les positions des Etats-Unis lors de cette reconnaissance ne surprennent guère. Certains pays, marqués par un racisme structurel profond, s’y sont opposés, comme l’Argentine et Israël. D’autres encore, souvent héritiers d’empires coloniaux dont la richesse s’est bâtie en grande partie sur l’exploitation humaine, ont choisi l’abstention, une position lourde de sens. Cela révèle que l’Europe n’a pas encore atteint la maturité morale qu’exige son histoire.

Mais le malaise est plus profond encore lorsque certains pays africains n’ont même pas voté, à l’instar du Bénin ou de Madagascar. Face à une tragédie qui les concerne en premier lieu, cette posture interroge. Elle démontre des fractures, des héritages complexes, et parfois une incapacité à affirmer une position claire face à l’histoire.

Pourtant, au milieu de ces ambiguïtés, une voix s’est élevée avec force, celle du Ghana. Par son engagement, sa détermination et sa quête de justice historique, ce pays incarne une volonté de mémoire et de dignité. Son rôle mérite d’être salué.

Cette reconnaissance internationale ne transformera pas, à elle seule, la condition des populations noires à travers le monde. Mais elle constitue une étape essentielle. Elle pose un jalon dans la lutte pour la vérité, la mémoire et la justice.

L’enjeu, désormais, dépasse la simple reconnaissance, il réside dans la transmission. Le devoir n’est pas seulement de rappeler les fautes du passé, mais de s’assurer que les générations futures comprennent, se souviennent et agissent. Non pas pour quémander, car les faits sont établis, mais pour construire une conscience collective lucide et exigeante.

Car l’histoire n’est pas seulement un héritage, c’est avant tout une responsabilité.

Manda CISSE

Auteur/Autrice

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