La Maison Blanche a annoncé ce mardi 6 janvier le retrait immédiat ou progressif des États-Unis de 66 organisations internationales, une décision d’ampleur qui marque un tournant majeur dans la politique étrangère américaine. Cette initiative s’inscrit pleinement dans la doctrine « America First », remise au cœur de l’action gouvernementale par l’administration Trump.
Selon le communiqué officiel, les entités concernées seraient jugées « redondantes », « mal gérées » ou « contraires aux intérêts stratégiques et économiques des États-Unis ».
Une rupture assumée avec le multilatéralisme
Le décret présidentiel distingue deux grandes catégories d’organisations : 31 entités rattachées au système des Nations Unies et 35 organisations et traités internationaux hors Onu.
Ce retrait massif reflète une volonté affirmée de réduire l’engagement américain dans les structures multilatérales, au profit d’une diplomatie davantage fondée sur des accords bilatéraux et la défense stricte de la souveraineté nationale.
Des agences clés de l’Onu concernées
Parmi les organisations relevant du système onusien figurent plusieurs institutions majeures, notamment : le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le Fonds des Nations Unies pour la démocratie (Undef), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Ccnucc), Onu Femmes, Onu Habitat, Onu Eau et Onu Énergie, ainsi que la Commission de consolidation de la paix.
Ces retraits touchent aussi bien les domaines du développement, de l’égalité des sexes que de l’environnement et de la gouvernance mondiale.
Climat et énergie particulièrement visés
Hors du cadre onusien, plusieurs institutions liées aux enjeux climatiques et énergétiques figurent en bonne place dans la liste, notamment : le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’Uicn (Union internationale pour la conservation de la nature), l’Irena (Agence internationale pour les énergies renouvelables), et l’Alliance solaire internationale (Isa).
Des forums de coopération sécuritaire et stratégique, tels que le Forum mondial contre le terrorisme ou le Partenariat pour la coopération atlantique, sont également concernés.
Les arguments de l’administration Trump
Trois motifs principaux ont été avancés par l’exécutif américain : la souveraineté nationale, avec le refus de se conformer à des cadres internationaux perçus comme contraignants ; l’efficacité budgétaire, visant à réduire les dépenses fédérales allouées à des organisations jugées inefficaces ou excessivement bureaucratiques ; et la politique énergétique, marquée par un retrait des structures liées à la lutte contre le changement climatique, au profit d’une stratégie axée sur l’indépendance énergétique traditionnelle.
Une dynamique déjà engagée
Cette annonce s’inscrit dans la continuité de décisions prises en 2025, notamment le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) et de l’Unesco. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a précisé que l’examen de l’engagement américain au sein d’autres organisations internationales est toujours en cours, laissant entendre que de nouveaux retraits pourraient suivre.
Cette série de décisions suscite déjà de vives réactions au sein de la communauté internationale, certains alliés dénonçant un affaiblissement du multilatéralisme mondial, tandis que l’administration américaine revendique une recentralisation de ses priorités nationales.



