Le Mali mérite mieux que la peur et les divisions

Le Mali mérite mieux que la peur et les divisions. © DR

« Nous aimons notre Mali. »

Cette phrase résonne dans chaque rue, chaque village, chaque foyer du pays. Elle habite le cœur de millions de Maliens attachés à leur terre, à leur histoire et à leur dignité. Pourtant, pendant que le peuple tente encore de tenir debout, une minorité destructrice travaille chaque jour à semer la peur, le chaos et la désolation pour satisfaire des intérêts purement personnels.

Depuis des années, le Mali saigne.

Les terroristes frappent sans relâche. Certains se revendiquent du djihad. Mais quel djihad massacre des innocents ? Quel croyant incendie des villages, assassine des familles et répand la terreur parmi son propre peuple ? Leurs actes trahissent tout ce que l’islam incarne : la paix, la justice, la protection de la vie humaine. Refuser de le dire clairement, c’est laisser planer un dangereux mensonge sur leurs véritables intentions.

D’autres se présentent comme des « combattants ». Mais combattants de quoi ? Et au nom de qui ? Derrière les discours d’autonomie et les revendications territoriales se cachent des violences aveugles, des massacres et des ambitions nourries par la quête du pouvoir et des agendas personnels.

Puis viennent ceux qui prétendent défendre la démocratie et le retour à l’ordre constitutionnel. Là encore, les mots sont devenus des masques. Depuis des décennies, au Mali comme dans de nombreux pays africains, la démocratie a été réduite à un simple rituel électoral, pendant que prospéraient des élites déconnectées, sans vision, sans morale et sans véritable projet pour leur peuple.

Car voter ne suffit pas à faire vivre une démocratie.

Une nation ne devient pas démocratique simplement parce qu’elle organise des élections. Une véritable démocratie protège son peuple, garantit sa dignité et place l’intérêt collectif au-dessus des ambitions individuelles. Combien de pays africains peuvent aujourd’hui affirmer sincèrement que les besoins réels de leurs populations sont au cœur des décisions politiques ?

Pendant ce temps, l’histoire se répète. Encore. Et encore

Le monde regarde, l’Afrique regarde, et les Maliens eux-mêmes regardent parfois sans mesurer l’ampleur du danger.

Le drame le plus silencieux réside peut-être dans cette terrible habitude de vivre avec la crise. À force de voir la violence devenir quotidienne, beaucoup finissent par ne plus se sentir concernés. Pourtant, l’indifférence est une arme offerte à ceux qui veulent détruire la nation. Si le peuple reste spectateur, ces minorités violentes finiront par fracturer définitivement le Mali.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

L’individualisme a progressivement remplacé l’esprit collectif. Les valeurs importées ont pris le dessus sur certaines de nos traditions fondées sur la solidarité, le respect et la responsabilité commune. Le réveil des consciences est devenu une urgence nationale. Car sans prise de conscience populaire, aucun combat ne pourra être gagné durablement.

Nos FAMa se battent sur le terrain pendant que d’autres jugent derrière leurs écrans. Il est toujours plus facile de condamner depuis le confort de la distance que de regarder en face ceux qui risquent leur vie chaque jour pour empêcher l’effondrement total du pays.

Les FAMa ne sont pas les auteurs des barbaries commises par des terroristes sanguinaires. La colère du peuple est légitime. La douleur des familles endeuillées traverse toute la nation. Chaque victime malienne est une blessure collective. Mais les responsables de ces atrocités sont ceux qui utilisent la terreur, le chaos politique et les divisions pour servir leurs propres intérêts, au mépris total de la vie humaine.

Aujourd’hui, il reste au Mali ce qu’aucune guerre n’a encore réussi à détruire, l’unité, l’humanité et le respect de la vie. Et c’est précisément cela qu’il faut protéger.

Car lorsque la douleur guide les décisions, la raison s’efface. Et lorsqu’un peuple perd sa capacité à rester uni dans l’épreuve, il ouvre lui-même la porte à ceux qui veulent sa chute.

Paix aux âmes de toutes les victimes de cette barbarie qui meurtrit notre pays.

Manda CISSE

Auteur/Autrice

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