Le FMI débloque plus de 72 milliards de FCFA pour le Mali

Kristalina Georgieva, Directrice générale du FMI. © FMI

Le conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé, ce jeudi 16 avril, la demande de décaissement soumise par le Mali au titre du guichet choc exogène de la Facilité de Crédit Rapide (FCR). Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 129 millions de dollars, soit plus de 72 milliards de FCFA.

Ce financement intervient à la suite d’une récente mission de revue du programme de référence conclu entre le FMI et le Mali. Cette évaluation a permis à l’institution de juger positivement les performances économiques et financières du pays, marquées notamment par l’atteinte de l’ensemble des objectifs quantitatifs et indicatifs fixés. Le FMI a également salué les avancées réalisées dans la mise en œuvre des réformes structurelles prioritaires engagées par les autorités.

Malgré un contexte difficile, l’économie malienne a démontré une certaine résilience face aux chocs climatiques, aux défis sécuritaires et humanitaires, ainsi qu’aux contraintes financières. Les dernières inondations ont fortement affecté les infrastructures et le secteur agricole, perturbé les services de base, aggravé l’insécurité alimentaire et entraîné des déplacements internes de populations. Dans ce contexte, l’appui financier du FMI devrait contribuer à soutenir la balance des paiements et à renforcer la stabilité macroéconomique.

Le programme de référence, d’une durée de 11 mois, vise à consolider cette dynamique en renforçant la résilience économique, en protégeant les populations vulnérables et en améliorant la gouvernance. Il servira également de cadre d’ancrage pour les priorités macroéconomiques du gouvernement.

Dans ce cadre, les autorités maliennes se sont engagées à améliorer la gouvernance budgétaire, à renforcer la gestion des finances publiques, ainsi que la transparence et la redevabilité dans l’utilisation des ressources issues de la FCR. Elles entendent également intensifier les efforts en matière de protection sociale et de lutte contre l’insécurité alimentaire.

Sur le plan budgétaire, le programme prévoit le maintien de la viabilité des finances publiques dans un environnement marqué par des conditions de financement contraignantes et des coûts d’emprunt élevés. Les réformes envisagées incluent l’augmentation des recettes intérieures à travers l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement des administrations fiscale et douanière.

Par ailleurs, l’amélioration de l’efficience des dépenses publiques demeure une priorité, notamment à travers une meilleure gestion des entreprises publiques. Une attention particulière est accordée à la société d’électricité Énergie du Mali (EDM), dont la situation financière nécessite un suivi renforcé. Les autorités veillent toutefois à préserver les investissements publics et à protéger les ménages les plus vulnérables.

Enfin, le programme souligne l’importance de la mise en place d’un plan transparent d’apurement des arriérés intérieurs et extérieurs à moyen terme, afin de consolider la crédibilité financière du pays et soutenir une croissance durable.

 

Auteur/Autrice

Également : ,

Autres articles