La Russie renforce ses liens avec le Mali, le Niger et le Burkina

La Russie renforce ses liens avec le Mali, le Niger et le Burkina. © Ministère des affaires étrangères du Niger

La Russie et  l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont félicités jeudi du renforcement de leurs liens, en premier lieu militaires, lors d’une rencontre diplomatique à Moscou.

L’AES est composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, dirigés par des régimes militaires arrivés au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023 qui ont tourné le dos à l’ex-puissance coloniale française pour se rapprocher de la Russie.

Cette dernière, boudée par les Occidentaux en raison de son offensive contre l’Ukraine lancée en février 2022, cherche à renforcer ses partenariats avec l’Afrique, dont plusieurs pays ont été ses alliés historiques depuis l’époque soviétique.

« La Russie est prête à faire tout son possible pour aider l’Alliance » des États du Sahel à mettre en œuvre ses « priorités », notamment à assurer « la défense et la sécurité » dans la région, a affirmé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse commune avec ses homologues africains.

Selon lui, Moscou va notamment organiser des « cours spéciaux » pour former les militaires de l’AES, utiliser « ses instructeurs dont beaucoup sont déjà déployés » dans ces trois pays et livrer « du matériel militaire ».

La coopération militaire se déroule « de manière active » et « s’intensifie » notamment avec le Mali, avait annoncé M. Lavrov, en recevant son homologue malien Abdoulaye Diop, peu avant la réunion quadripartite.

« Nous avons la lecture commune de la lutte contre le terrorisme », a souligné M. Diop, lors d’une conférence de presse aux côtés de ses homologues russe, burkinabé et nigérien.

Si la Russie est « un allié sincère et constant » de l’Afrique, « l’Ukraine, nous la considérons comme un Etat terroriste tout simplement », a-t-il affirmé.

– « Partenariat gagnant-gagnant » –

En août 2024, le Mali avait rompu ses relations avec l’Ukraine, en raison de « l’implication », selon Bamako, de Kiev dans une lourde défaite de l’armée malienne et du groupe paramilitaire russe Wagner, lors de combats avec les séparatistes et des djihadistes.

Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Guéorgiï Tykhy, a dénoncé jeudi des « accusations sans fondement », « jamais étayées par des preuves factuelles ».

M. Diop a par ailleurs annoncé que le président du Mali, Assimi Goïta, se rendrait en juin à Moscou pour une visite officielle.

La Russie aide les pays de l’AES à lutter contre les groupes jihadistes qui ont fait des dizaines de milliers de morts sur la majeure partie de leurs territoires.

Moscou a également signé des accords de défense avec ces trois pays, à qui il a livré du matériel militaire.

« Notre volonté commune est de construire avec vous un partenariat dynamique et sincère (…), mais aussi un partenariat gagnant-gagnant », a expliqué M. Diop, lors de la réunion quadripartite à Moscou.

Le chef de la diplomatie du Niger, Bakary Yaou Sangare, a lui salué « un évènement historique (…) qui marque un tournant », en assurant qu’avoir la Russie à leurs côtés pour lutter contre le jihadisme « compte beaucoup » pour les trois pays sahéliens.

Ces derniers ont quitté officiellement en janvier la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qu’ils estiment notamment inféodée à la France, pour former l’AES.

Avec AFP

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