La diaspora kayésienne rappelle que l’amour de la patrie ne connaît pas la distance

Remise officielle du chèque au ministre en charge des Maliens de l'Extérieur. © Ministère en charge des Maliens de l'Extérieur

Il est des vérités qu’il faut répéter avec force : la diaspora de la région de Kayes demeure l’un des moteurs les plus constants, les plus fidèles et les plus décisifs du développement local au Mali. Depuis des décennies, ces femmes et ces hommes partis chercher des opportunités ailleurs portent leur village, leur cercle, leur région et leur pays comme un héritage sacré. Ils travaillent dur, souvent dans des conditions exigeantes, précaires, voire éprouvantes, cumulant plusieurs emplois, affrontant la pression administrative, sociale et économique des pays d’accueil. Et malgré cela, ils trouvent toujours la force d’envoyer, de soutenir, de construire. Leur engagement n’est pas un geste ponctuel, c’est une discipline, un devoir, une fidélité.

Ce patriotisme silencieux, quotidien, parfois invisible, vient une nouvelle fois d’être illustré de manière éclatante.

Une diaspora qui transforme l’attachement en action

Le 10 février 2026, à Paris, les ressortissants de la première région du Mali ont remis un chèque de 14 704 500 francs CFA au ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Monsieur Mossa Ag Attaher. Un geste qui dépasse la simple solidarité. C’est un acte de construction nationale, un engagement concret pour le bitumage de la route Kayes–Bamako, l’un des axes vitaux du pays.

Ce n’est pas un fait isolé. Les Kayésiens de la diaspora sont connus pour leur mobilisation exemplaire : financement d’infrastructures, soutien aux écoles, aux centres de santé, aux projets hydrauliques, aux associations villageoises. Leur contribution représente une part significative des transferts financiers vers le Mali, et les études internationales rappellent régulièrement que les diasporas africaines envoient chaque année davantage d’argent que l’aide publique au développement. Le cas de la région de Kayes en est l’illustration la plus éclatante.

Lors de la cérémonie, le ministre Mossa Ag Attaher a salué cet engagement, rappelant que chaque contribution est reconnue et valorisée par l’État. Il a transmis, au nom des plus hautes autorités du pays, particulièrement du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, la gratitude de la nation envers ces citoyens qui, malgré la distance, restent profondément attachés à leur terre.

Mais au-delà des discours officiels, c’est un message plus profond que cette initiative porte : la diaspora n’est pas un corps étranger au Mali, elle en est l’une des forces vitales. Elle prouve que l’amour de la patrie ne se mesure pas en kilomètres, mais en actes.

Dans un contexte où le pays fait face à des défis multiples, cette mobilisation rappelle que le Mali peut compter sur ses enfants, où qu’ils se trouvent. Et si l’on devait retenir une seule leçon de cette nouvelle contribution, ce serait celle-ci : la diaspora kayésienne ne se contente pas d’aimer son pays, elle le construit.

Manda CISSE

 

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