Koulikoro à l’honneur : Bally Bagayoko élu maire de Saint-Denis

Koulikoro à l’honneur : Bally Bagayoko élu maire de Saint-Denis. © Facebook B. Bagayogo

La ville de Koulikoro peut légitimement se réjouir de l’élection de Bally Bagayoko à la tête de la mairie de Saint-Denis, en région parisienne. Originaire de Gouni, un village situé sur la rive droite du fleuve Niger, ce fils du Meguetan vient d’inscrire une nouvelle page dans le parcours remarquable des ressortissants de Koulikoro vivant à l’étranger.

Cette élection constitue une véritable source de fierté pour la cité du Meguetan et témoigne de la montée en puissance de sa diaspora, dont l’engagement et la réussite participent activement au rayonnement de Koulikoro bien au-delà des frontières du Mali.

Figure de La France insoumise, Bally Bagayoko a créé la surprise en remportant la mairie de Saint-Denis, infligeant une défaite au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin. Peu connu sur la scène politique nationale, ce cadre de la RATP a réussi, avec le soutien du Parti communiste français, l’exploit de conquérir dès le premier tour cette ville emblématique, deuxième plus grande d’Île-de-France après Paris.

Pour le nouveau maire, cette victoire est « la démonstration concrète que la stratégie nationale de LFI fonctionne », balayant ainsi les critiques d’« amateurisme » et les accusations de « fake news » qui ont marqué la campagne.

Selon Stéphane Peu, député de la circonscription, Bally Bagayoko, 52 ans, « n’est pas un perdreau de l’année ». Il rappelle son expérience politique et administrative, notamment comme ancien vice-président du conseil général.

Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, le nouveau maire a grandi à Saint-Denis. Il s’engage en politique dès 2001 aux côtés de Patrick Braouezec, l’ancien maire de la ville. Ce dernier se souvient d’un jeune homme « très impliqué » dans la vie sportive locale. Toutefois, il souligne une forte abstention lors du scrutin, atteignant 57 %.

Sa colistière Sofia Boutrih décrit un homme « accessible » et « à l’écoute », estimant que son mandat pourrait contribuer à « casser les caricatures » entourant les responsables politiques issus des quartiers populaires.

Ancien joueur semi-professionnel de basket devenu entraîneur, Bally Bagayoko n’a pas hésité à mettre en scène son parcours dans sa campagne, évoquant une enfance en HLM « façonnée par le service public et l’entraide ». Se définissant comme « un enfant des quartiers populaires », il a également dénoncé les discriminations et les dérives policières.

Pour Éric Coquerel, cette élection reflète sociologiquement la population de Saint-Denis, marquée par une forte diversité et des parcours issus de l’immigration récente.

La bataille électorale a été particulièrement tendue, ponctuée de polémiques et d’accusations. L’ancienne majorité a notamment évoqué l’implication supposée de narcotrafiquants dans la campagne. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué le maire sortant lors d’un meeting.

Le score de 32,7 % obtenu par Mathieu Hanotin, qui avait mis fin en 2020 à 75 ans de gestion communiste de la ville, constitue une véritable onde de choc dans le camp socialiste. Le président de l’établissement public territorial Plaine Commune ne s’est pas encore exprimé publiquement depuis sa défaite.

Au-delà de la scène politique française, cette victoire résonne fortement à Koulikoro. Elle incarne l’espoir, la persévérance et la réussite d’une diaspora qui continue de porter haut les couleurs de sa terre d’origine.

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