Justice : Clément Dembélé en détention pour « menaces de mort et offense au chef d’État ».

Clément Dembélé, président de la plateforme contre la corruption et le chômage au Mali (PCC)
Clément Dembélé en détention pour « pour menaces de mort et offense au chef d’État » DR

Clément Dembélé, président de la plateforme contre la corruption et le chômage au Mali (PCC) a été placé sous mandat de dépôt (détention provisoire) à la maison centrale de Bamako ce lundi 20 novembre. Il est accusé par un juge d’instruction du pôle cybercriminalité pour «  menaces de mort et offense au chef d’État » Après avoir passé le week-end à la brigade d’investigation judiciaire (BIJ).

Coup de grâce pour Clément Dembélé ?  Militant de la société civile, il est placé en détention provisoire à la prison centrale de Bamako sur ordre du procureur chargé de la lutte contre la cybercriminalité suite à des « menaces proférées contre la personne du président de la transition, le colonel Assimi Goita et sa famille via un enregistrement audio qui circulent sur les réseaux sociaux ». Il avait été interpellé par la brigade d’investigation judiciaire, le vendredi 17 novembre, où il a passé le week-end alors qu’il s’apprêtait à animer une conférence de presse pour dénoncer le délestage d’électricité.

L’enregistrement audio

Dans un message audio qui s’est répandu comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux, une voix semblable à celle de Clément Dembélé menace à mort le président de la transition, sa femme et ses trois enfants par le biais d’une pratique mystique. Dans l’audio incriminé, le président de la plateforme de lutte contre la corruption troque sa tenue du chantre de la lutte anti-corruption contre celle de féticheur. Il jure de « tuer » le président, de « détruire sa vie » et de « jeter un mauvais sort à sa femme et ses enfants ». Il conclut en avouant que « je suis un tueur né ». Voilà à quoi ressemble le contenu de l’audio qui reste à authentifier.

Clément Dembélé, président du PCC

Clément Dembélé, quadragénaire est une figure de l’opposition. Il était au premier plan de la lutte du M5-RFP (Mouvement du 5 juin rassemblement des forces patriotiques) qui a abouti à la chute du régime de IBK. Après le coup d’État du 18 août 2020, il s’est montré également critique de la transition. Vendredi, 17 novembre, il a été appréhendé par des agents de la BIJ sur instruction du procureur de la République près du Pôle spécial de lutte contre la Cybercriminalité, Adama Coulibaly, selon certaines sources, au moment où il s’apprêtait à animer une conférence de presse pour dénoncer la gestion des autorités de la transition notamment l’épineuse question du délestage. Comme pour dire que tel est pris qui croyait prendre. Cette rencontre avec les hommes de médias  intervenait après l’annulation par le gouverneur du district d’un meeting pour les mêmes raisons.

Clément Dembélé et les fuites d’enregistrements audio

« Une fois n’est pas coutume », dit le dicton. Clément Dembélé est connu pour ses fuites d’audio sur les réseaux sociaux. Déjà en 2020, aux heures chaudes du M5-RFP, un présumé enregistrement audio de lui avait fait le tour de la toile. Cette note vocale, mettait en scène un  dialogue entre lui et l’ancien président du conseil national du patronat du Mali, Mamadou Sinsi Coulibaly. L’audio évoquait des manœuvres pour faire de lui « un premier ministre de pleins pouvoirs ».

A. M. Tembely / Malikonews.com

Auteur/Autrice

Également : ,

Autres articles