« C’est parce que j’adorais écouter tes chansons et danser à tes rythmes que j’ai choisi de te rendre hommage, Amadou Bagayoko. Comme tu savais si bien le dire : “À ma façon, car moi aussi, c’est l’heure de mon réveil qui détermine le début de ma journée.” »
Il y a des voix qui ne s’éteignent jamais, des mélodies qui continuent de vibrer bien après la dernière note. Amadou Bagayoko était de celles-là.
Avec sa guitare, ses lunettes et son éternel sourire, il a traversé le temps et les frontières, chantant l’amour, l’espoir, la beauté du Mali, de l’Afrique et la force de ses racines.
Amadou a donné une âme au blues du Sahel, une lumière aux cœurs en peine, un rythme à ceux qui dansent entre la nostalgie et la joie.
Aux côtés de Mariam, son éternelle complice et alter ego, il a prouvé que la musique n’a pas besoin d’yeux pour voir l’essentiel, que la passion est une boussole plus forte que l’obscurité.
Avec lui, Bamako avait le goût du dimanche, et le monde entier résonnait au son de ses accords.
« La vie est belle »
Aujourd’hui, la guitare s’est tue. Mais son écho vivra dans chaque refrain, dans chaque battement de cœur qui vibrera au son de Sabali, dans chaque sourire échangé au rythme de Dimanche à Bamako.
« Ceux qui partent ne meurent jamais vraiment. Ils deviennent musique, lumière, silence habité. »
Aujourd’hui, nous pleurons Amadou. Mais plus fort encore, nous le célébrons.
Il nous a offert une musique vibrante, généreuse, enracinée, libre. Avec Mariam, il chantait :
« Je pense à toi, mon amour, je pense à toi tout le jour. » Et nous, aujourd’hui, c’est à lui que nous pensons.
A ses mots simples, profonds. A cette guitare reconnaissable entre toutes.
A ce chant qui portait plus que des notes , une vie, une histoire, une foi dans la beauté du monde.
Amadou a chanté les dimanches de Bamako, « où les mariages, les baptêmes, les balafons résonnent dans les quartiers. »
Et même hors de son Mali natal, loin de ces rues ensoleillées, on entend encore battre ce cœur malien, ce cœur d’homme debout, qui savait mêler tradition et modernité,
joie et combat, tendresse et rythme.
Dans Sabali, il nous rappelait : « Sabali, sabali, sabali yonkontê…
Patience, patience… » Comme une prière. Comme une leçon.
Comme un pont entre les générations et les continents.
Aujourd’hui, c’est à nous d’être patients, face au vide qu’il laisse, face à la peine.
Mais Amadou n’est pas silence. Il est dans Coulibaly, dans La réalité dans chaque sourire qu’il a fait naître.
Amadou chantait : « La réalité, c’est ce qui nous touche, ce qui nous blesse, ce qui nous fait vivre. » Et c’est vrai, Amadou. Tu nous as touchés. Tu nous as fait vivre.
Ta réalité à toi, c’était de faire danser les peuples, de raconter le quotidien, d’illuminer l’ordinaire avec un groove inimitable.
Alors aujourd’hui, même avec les larmes, on veut que ton nom rime avec gratitude,
ta mémoire avec musique, ton départ avec lumière.
Amadou Bagayoko, que la terre de tes ancêtres t’accueille en paix.
Et que partout dans le monde, ta guitare continue de chanter
dans les mains de ceux que tu as inspirés.
« Je pense à toi… » — et je t’entendrai toujours «Sou Ani tilé….»
Mariam, Amadou n’a pas été un « Bofou safou »
Ibrahima Abdoul Ly
un fan ordinaire
Korofina le 4 avril 2025