La fixation d’un scrutin en Guinée-Bissau le 6 décembre 2026 intervient alors que la Cédéao multiplie les missions de médiation pour obtenir une transition courte et inclusive, et un retour rapide à l’ordre constitutionnel après le coup d’État du 26 novembre.
Les autorités de transition de Guinée-Bissau ont annoncé la tenue des élections législatives et présidentielle le 6 décembre 2026, dans un contexte de forte pression diplomatique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
La date a été fixée par le président de la République de transition, le général de division Horta N’Tam, à travers un décret présidentiel n°02/2026, publié mercredi à Bissau. Le texte invoque la Charte politique de transition adoptée le 27 novembre 2025 et indique que les conditions seraient progressivement réunies pour l’organisation d’élections « libres, justes et transparentes ».
Cette annonce intervient moins de deux semaines après une mission de haut niveau de la Cédéao, conduite le 10 janvier par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de l’organisation régionale. Cette délégation comprenait notamment le président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray, ainsi que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye.
« Conformément au communiqué du 68e Sommet de la Cédéao, j’ai dirigé une mission de haut niveau en Guinée-Bissau pour m’engager avec le Haut Commandement militaire », avait déclaré Julius Maada Bio, soulignant la nécessité d’une transition courte, inclusive et consensuelle.
La visite était intervenue quelques jours après celle d’un responsable sénégalais qui avait permis la libération partielle de détenus politiques, proches de l’opposant Domingos Simões Pereira, même si ce dernier, ancien président de l’Assemblée nationale populaire, demeure incarcéré.
La Cédéao, qui a rejeté le calendrier de transition initialement annoncé par les auteurs du coup d’État du 26 novembre, continue d’exiger la libération de tous les prisonniers politiques, la protection des institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau (MISGB) et a averti que des sanctions ciblées pourraient être prises contre toute entrave au processus.
L’Organisation régionale n’a pas encore réagi à l’annonce de la tenue des élections en décembre prochain.
Le général Horta N’Tam a pris le pouvoir après l’interruption du processus électoral à 24 heures de la proclamation des résultats du scrutin du 23 novembre, élections que la Cédéao et d’autres observateurs internationaux avaient pourtant jugées « libres, transparentes et pacifiques ».
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