À Genève, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué, a vivement contesté, jeudi 26 mars, les conclusions du rapport présenté par l’Expert indépendant sur la situation des droits humains au Mali. Tout en reconnaissant que certains progrès ont été relevés, les autorités maliennes dénoncent une approche jugée « tendancieuse » et réaffirment leur attachement à une protection des droits de l’homme fondée sur les réalités nationales.
Une critique frontale de la méthode
Dans son intervention, le ministre a fustigé un document qu’il estime fondé sur des « allégations infondées » et des sources « non crédibles ». Selon Bamako, l’Expert indépendant se serait écarté de son mandat d’assistance technique pour adopter une posture assimilable à une instance de jugement. Une orientation que le gouvernement juge préoccupante, allant jusqu’à évoquer une présomption de culpabilité à l’égard du Mali. Dans ce contexte, les autorités s’interrogent désormais sur la pertinence du maintien de ce mécanisme à Genève.
Sécurité : l’État met en avant ses efforts
Abordant la situation sécuritaire, le Garde des Sceaux a désigné les groupes terroristes comme les principaux responsables des violations des droits humains. Il a néanmoins salué les opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa), qu’il affirme conduites dans le « strict respect du droit ».
Sur la question de l’impunité, régulièrement soulevée dans les rapports internationaux, le ministre a assuré que la justice malienne est pleinement mobilisée. Il a indiqué que des enquêtes sont systématiquement ouvertes en cas d’allégations et que plusieurs dossiers sont actuellement en cours de jugement.
Réformes institutionnelles et espace civique
L’intervention du ministre a également répondu aux critiques portant sur l’espace civique et les réformes politiques en cours.
Concernant la vie politique, il a défendu la dissolution de partis comme une mesure d’assainissement, soutenue selon lui par une large partie de l’opinion nationale, dans le but de consolider les bases démocratiques.
Sur la liberté d’expression, Mamoudou Kassogué a affirmé qu’aucun journaliste n’est détenu pour ses opinions, précisant que les poursuites éventuelles relèvent exclusivement d’infractions pénales établies.
Le Mali met par ailleurs en avant plusieurs avancées sociales, notamment la criminalisation de l’esclavage par ascendance, le renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre, ainsi que l’adoption, en août 2025, de la Charte nationale pour la paix.
Une coopération conditionnée au respect de la souveraineté
En conclusion, les autorités maliennes réitèrent leur volonté de coopérer avec leurs partenaires internationaux, à condition que cette coopération repose sur un esprit jugé « sincère » et respectueux. Bamako rejette toutefois toute « instrumentalisation » de la question des droits de l’homme qui, selon elles, porterait atteinte à sa souveraineté nationale.


