Conseil national du crédit : des indicateurs économiques encourageants pour le Mali

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou. © DR

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou, a présidé la semaine dernière les travaux du Conseil national du crédit de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest au Mali. Cette instance stratégique a pour mission d’examiner les conditions de fonctionnement du système bancaire et financier national, tout en évaluant la situation économique et financière du pays, notamment en matière de financement du secteur privé.

La rencontre a réuni autour du ministre Sanou les membres du Conseil ainsi que les responsables nationaux de la BCEAO. À l’issue d’une séance à huis clos, plusieurs dossiers ont été examinés, certains pour information, d’autres ayant fait l’objet de décisions.

S’exprimant devant la presse, le ministre d’État a dressé un tableau globalement positif de la conjoncture économique nationale. Selon lui, le Mali présente des signaux encourageants, caractérisés notamment par une balance commerciale excédentaire et un système bancaire disposant d’une liquidité satisfaisante. Cette réunion a également permis de faire le point sur les performances économiques de 2025, les perspectives pour l’année en cours ainsi que les orientations issues des décisions du comité monétaire de la BCEAO.

Le chef du département de l’Économie a souligné que les rapports conjoints de la BCEAO, de l’Union économique et monétaire ouest-africaine et du Fonds monétaire international confirment une situation globalement satisfaisante du système bancaire et financier malien. « La première réunion de l’année 2026 du Conseil national du crédit montre une maîtrise de l’inflation en 2025, permettant de maintenir des taux d’intérêt stables », a-t-il indiqué.

Une dynamique économique favorable

Les principaux indicateurs économiques témoignent d’une orientation positive. Le ministre Sanou a salué une amélioration notable du taux de croissance, une baisse de l’inflation et un déficit maîtrisé, conforme aux normes communautaires. Il a également relevé une balance commerciale positive, bien qu’en légère baisse par rapport à 2024.

Par ailleurs, le secteur bancaire affiche des performances en amélioration, avec une meilleure qualité des portefeuilles, une trésorerie renforcée et une gouvernance consolidée. « Malgré les difficultés, les résultats présentés sont satisfaisants », a-t-il affirmé.

Des mesures face aux défis internationaux

Toutefois, le ministre n’a pas occulté les incertitudes liées à l’environnement international, marqué par des crises multiples. Pour atténuer leurs impacts, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, dont la subvention des prix des hydrocarbures. L’État consent ainsi à un effort financier important, estimé à environ trois milliards de francs CFA de droits de douane exonérés chaque mois, afin de contenir les prix à la pompe.

Des concertations régulières sont également envisagées avec les acteurs économiques, notamment dans les secteurs de la farine, de la boulangerie, des pâtes alimentaires et du ciment, afin de préserver le pouvoir d’achat des populations.

Une politique monétaire accommodante

Le ministre a enfin salué les décisions récentes de politique monétaire prises par la BCEAO, notamment la baisse du taux directeur, passé de 3,25 % à 3 %, après une précédente réduction depuis 3,50 %. Cette orientation traduit, selon lui, la confiance des autorités monétaires dans la solidité des économies de la zone Union économique et monétaire ouest-africaine.

Cette baisse des taux devrait favoriser la relance économique, en facilitant notamment l’accès au financement pour les entreprises, en particulier les PME/PMI, ainsi que pour le développement du contenu local.

En dépit d’un contexte international incertain, les autorités maliennes se veulent ainsi résolument optimistes, misant sur la solidité des fondamentaux économiques et sur des politiques adaptées pour soutenir la croissance.

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