Le processus de retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) franchit une nouvelle étape, marquée par une intensification des efforts diplomatiques en vue d’une sortie de crise concertée.
Dans ce contexte, le diplomate guinéen Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre et ex-Secrétaire exécutif de la CEDEAO, a été désigné négociateur en chef auprès du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Sa mission consistera à conduire les discussions entre l’organisation sous-régionale et les trois pays sahéliens, engagés dans un processus de retrait formel.
L’acte de nomination a été signé ce mardi 24 mars par Oumar Alieu Turay, président de la Commission de la CEDEAO, sous l’impulsion du président en exercice de l’organisation, Julius Maada Bio, chef d’État de la Sierra Leone. Cette décision traduit la volonté des autorités de la CEDEAO de privilégier la voie du dialogue dans un climat régional particulièrement tendu.
Selon des sources proches de l’organisation, Lansana Kouyaté aura pour mandat de piloter les négociations pour une durée initiale de trois mois, renouvelable en fonction de l’évolution des discussions. Son expérience au sein de l’exécutif guinéen et sa connaissance approfondie des mécanismes de la CEDEAO constituent des atouts majeurs pour cette mission délicate.
Cette désignation intervient alors que les relations entre la CEDEAO et les pays membres de l’AES demeurent marquées par des tensions persistantes. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont en effet amorcé une dynamique de rupture avec l’organisation régionale, remettant en question les cadres traditionnels de coopération et de gouvernance en Afrique de l’Ouest.
Face à cette situation, la nomination de Lansana Kouyaté apparaît comme une tentative de relancer le dialogue et d’explorer des pistes de compromis, dans l’intérêt de la stabilité politique et économique de la sous-région.
Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir des relations entre la CEDEAO et les États de l’AES, alors que les enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques restent au cœur des préoccupations des populations ouest-africaines.



